Publié le 2024-10-26 10:00:00. Une mauvaise habitude, souvent banale, peut entraîner des complications désagréables : passer trop de temps sur les toilettes. Les experts alertent sur les risques physiologiques liés à ces longues pauses, qui peuvent provoquer ou aggraver les problèmes d’hémorroïdes.
Rester assis sur les toilettes pendant plus de dix minutes, une pratique courante chez certains, peut avoir des conséquences bien réelles sur la santé. Cette habitude, expliquent les spécialistes, engendre un effort d’évacuation accru, susceptible d’endommager les tissus de soutien des hémorroïdes.
« Imaginez passer dix minutes dans cette position continue au fil des années. Cela provoque une chute forcée des muqueuses, qui sont les tissus qui soutiennent les hémorroïdes, et elles descendent, provoquant dilatation, douleur et saignement », explique un coloproctologue.
La recommandation principale pour prévenir ces désagréments est simple : utiliser les toilettes uniquement lorsque le besoin se fait sentir et s’en aller dès que l’évacuation est terminée. L’idéal serait de boucler cette « opération » en trois à cinq minutes, sans distraction.
« Il faut ressentir le besoin d’évacuer et d’entrer dans la salle de bain sans rien, ni téléphone portable, ni magazine, ni livre. L’idéal est d’évacuer en trois à cinq minutes. Ce n’est pas une règle absolue, car tous les intestins ne fonctionnent pas de la même manière, mais c’est considéré comme un moment sûr. Si vous ne parvenez pas à évacuer, levez-vous et partez », conseille le spécialiste.
Diagnostic et traitement des hémorroïdes
Le diagnostic des hémorroïdes est généralement établi par un coloproctologue lors d’un examen clinique. Celui-ci comprend une inspection externe de la région anale et un toucher rectal. Dans certains cas, notamment pour les patients de 45 ans et plus ou ceux ayant des antécédents familiaux de cancer colorectal, une coloscopie peut être prescrite pour exclure d’autres pathologies.
Le traitement varie considérablement en fonction de la gravité de la maladie. Il peut être basé sur des méthodes cliniques, incluant des pommades, des médicaments et des modifications des habitudes de vie, ou, dans les cas les plus avancés, nécessiter une intervention chirurgicale.
Les hémorroïdes internes sont classées en quatre grades, reflétant la sévérité des symptômes. Le grade 1 se manifeste principalement par des saignements. Au grade 2, les hémorroïdes sortent lors de la défécation mais rentrent spontanément. Le grade 3 implique que les hémorroïdes sortent et nécessitent d’être repoussées manuellement. Enfin, le grade 4 correspond à des hémorroïdes qui restent externes en permanence.
Quant aux hémorroïdes externes, elles se situent autour de l’anus. Elles peuvent évoluer vers une thrombose hémorroïdaire, une masse douloureuse et dure qui, la plupart du temps, régresse d’elle-même.
Il est important de noter que les hémorroïdes, bien que douloureuses et parfois incommodantes, ne sont pas un facteur de risque de cancer. Cependant, leur développement peut entraîner des complications qui impactent la qualité de vie. Des saignements abondants peuvent mener à une anémie, tandis que des sécrétions peuvent provoquer des irritations locales et compliquer l’hygiène.