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Examen des sociétés d’audit dans le secteur de la Lettonie | LA.LV

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Publié le 10 février 2026 à 15h15. Le secteur de l’audit et du conseil en Lettonie affiche une stabilité relative, malgré une légère baisse d’activité en 2024, tandis que l’intelligence artificielle commence à transformer les pratiques et que de nouvelles réglementations en matière de développement durable se profilent.

  • Les « quatre grands » cabinets d’audit (Ernst&Young, KPMG, Deloitte et PricewaterhouseCoopers) dominent toujours le marché letton, mais les entreprises de taille moyenne affichent une croissance plus rapide.
  • L’arrivée de l’intelligence artificielle dans le secteur pourrait entraîner des changements importants, notamment en termes de compétences requises.
  • Les nouvelles réglementations sur le reporting en matière de développement durable pourraient créer des opportunités de niche, mais leur impact reste incertain.

Le marché letton de l’audit et du conseil a démontré une capacité à maintenir une croissance stable ces dernières années. En 2022, le chiffre d’affaires total des dix principaux acteurs a augmenté de 31 %, puis de 11 % en 2023. Cependant, une baisse de 16 % a été observée en 2024, principalement due à une forte diminution de l’activité d’un leader du marché, compensée en partie par la progression des autres entreprises.

En 2024/2025, le paysage des « quatre grands » est resté inchangé : Ernst&Young Baltic conserve la première place, suivi de KPMG Baltic, Deloitte et PricewaterhouseCoopers. Grant Thornton Baltic, un acteur majeur du réseau international Grant Thornton, s’est également affirmé comme l’une des principales sociétés d’audit de Lettonie.

Ce secteur englobe une large gamme de services, allant des audits financiers classiques au conseil en transactions, fiscalité, juridique et externalisation comptable. Si les sociétés d’audit sont les principaux fournisseurs de ces services, des cabinets de conseil spécialisés proposent également des prestations d’externalisation comptable et de conseil financier et fiscal.

L’analyse des données financières publiées par les acteurs du secteur révèle une tendance à la concentration, avec une part de marché importante détenue par les « quatre grands ». Malgré une croissance plus lente ces dernières années, ces entreprises continuent de dominer le marché en termes de chiffre d’affaires.

Les entreprises de taille moyenne en plein essor

En 2024, les sociétés d’audit internationales de deuxième rang, telles que Grant Thornton, BDO et Nexia Audit Advice AS, ont affiché une croissance à deux chiffres, poursuivant une tendance observée l’année précédente. En 2022, leur croissance avait atteint 15 à 20 %.

À l’inverse, la croissance du chiffre d’affaires des « quatre grands » s’est limitée à 0 à 3 % en 2024. Ernst&Young Baltic a même enregistré une baisse de 48 %, revenant au niveau de 2020. Cette diminution est en partie liée à la réduction des activités de centres de services, où l’exportation de services est passée d’environ 20 millions d’euros à environ 9 millions d’euros.

L’intelligence artificielle, un enjeu majeur

Les sociétés d’audit et de conseil investissent massivement dans le développement et la mise en œuvre de solutions d’intelligence artificielle à l’échelle mondiale. Cette tendance se manifeste également en Lettonie, bien que les montants investis soient proportionnels à la taille du marché. Les entreprises membres de réseaux internationaux pourraient bénéficier d’un avantage grâce à l’accès aux solutions développées au sein de ces réseaux.

Cependant, les cabinets locaux sont également capables de proposer des outils d’IA adaptés au marché letton et à la taille des entreprises locales, avec un potentiel de retour sur investissement élevé. L’impact réel de l’intelligence artificielle sur le secteur de l’audit et du conseil reste à déterminer dans les années à venir.

L’intégration de l’IA soulève également des défis, notamment celui de la formation des professionnels de la finance. Si l’IA peut automatiser les tâches routinières, elle risque de limiter les opportunités de formation pour les jeunes diplômés, créant potentiellement un manque d’experts expérimentés à long terme.

Le reporting sur le développement durable, un potentiel en attente

Les évolutions réglementaires, notamment la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) et les normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards), ont mis en évidence la rapidité avec laquelle les attentes du marché peuvent évoluer. Bien que de nombreux auditeurs et cabinets de conseil se préparent à l’augmentation des rapports sur le développement durable, la demande réelle en Lettonie pourrait être limitée à une dizaine d’entreprises, sans compter celles qui choisissent de le faire volontairement.

Paradoxalement, 70 auditeurs lettons ont été certifiés pour certifier les rapports de développement durable, alors que le nombre d’entreprises nécessitant un tel audit pourrait être relativement faible. Cela remet en question le potentiel de croissance des services de reporting sur le développement durable, tout en créant des opportunités de niche pour les acteurs les mieux préparés.

Vers une consolidation du marché ?

« Le secteur des sociétés d’audit entre dans une période de changement, où la capacité à équilibrer la technologie, les personnes et la réglementation sera décisive. À mesure que les exigences en matière d’évaluation des clients augmentent, les procédures d’évaluation des clients ainsi que les normes et procédures d’audit et de conseil deviennent de plus en plus complexes, les exigences en matière de professionnalisme des auditeurs et des consultants ainsi que la charge bureaucratique pesant sur les entreprises du secteur augmentent. »

Raivis Irbītis, auditeur assermenté, partenaire de « Grant Thornton Baltic » et membre du conseil d’administration de l’Association lettone des auditeurs assermentés

Les contrôles réguliers des institutions étatiques et des associations professionnelles rendent de plus en plus difficile pour les petites entreprises de répondre à toutes les exigences tout en maintenant leur efficacité opérationnelle. Une consolidation du marché, avec des acteurs plus importants absorbant les plus petits ou se regroupant pour faire face à la pression, n’est donc pas exclue.

La fusion des « quatre grands » semble peu probable, mais leur expansion mondiale se poursuit par le biais d’acquisitions et de l’élargissement de leur gamme de services, notamment dans les domaines du conseil, de l’informatique et de l’ESG. La fusion de petites et moyennes entreprises pourrait également conduire à la création d’acteurs plus puissants.

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