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Experts du ZiB2 : « Voulons-nous compenser les enfants par l’immigration ?

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Publié le 26 février 2026 22h38. L’Autriche enregistre un nouveau record de faible natalité, avec une moyenne de 1,29 enfant par femme. Des experts soulignent la complexité des facteurs en jeu, allant des aspirations professionnelles des femmes aux considérations économiques et au besoin de sécurité.

  • Le taux de natalité en Autriche a atteint un point bas historique de 1,29 enfant par femme en 2025.
  • Les femmes reportent de plus en plus la maternité, privilégiant l’éducation, la carrière et la stabilité financière.
  • La migration joue un rôle croissant dans le bilan démographique autrichien, avec près d’un enfant sur quatre né de parents étrangers.

L’Autriche fait face à une baisse continue de son taux de natalité, une tendance observée dans toute l’Europe. Selon le bilan des naissances 2025 publié mercredi par Statistique Autriche, seulement 75 718 naissances vivantes ont été enregistrées l’année dernière, traduisant une moyenne de 1,29 enfant par femme. Ce chiffre représente un nouveau minimum historique.

Jeudi soir, la psychologue Élisabeth Ponocny-Seliger, de l’Université Sigmund Freud, et le spécialiste des populations Rainer Münz ont été invités sur le plateau de ZiB2 pour analyser cette situation.

Ponocny-Seliger a mis en avant l’évolution positive des choix des femmes :

« Je trouve en fait formidable que les jeunes femmes d’aujourd’hui puissent décider de manière indépendante quand elles auront des enfants, combien d’enfants elles auront et si elles auront des enfants. »

Élisabeth Ponocny-Seliger, psychologue à l’Université Sigmund Freud

Elle y voit un signe de prospérité et d’émancipation.

De nombreuses femmes planifient consciencieusement leur maternité, en accordant la priorité à l’achèvement de leurs études, à l’établissement de leur carrière et à la sécurité financière. La crainte de se retrouver seule avec un enfant en cas de séparation est également un facteur déterminant. Ponocny-Seliger a également souligné la répartition inégale des tâches parentales :

« Nous avons bien sûr toujours un problème avec l’implication des pères dans l’éducation des enfants. »

Élisabeth Ponocny-Seliger, psychologue à l’Université Sigmund Freud

Rainer Münz a quant à lui évoqué les aspects économiques. Les femmes ayant un niveau d’éducation élevé bénéficient de meilleures opportunités professionnelles, mais la perte de revenus liée à la maternité est significative. Les aides familiales, selon lui, ne compensent pas entièrement les pertes salariales et de retraite à long terme.

Münz a souligné que même des incitations financières importantes, comme celles mises en place en Hongrie, n’auraient qu’un impact limité :

« Le salaire auquel je renonce, aujourd’hui et à l’avenir, ainsi que la pension, à laquelle je peux renoncer en partie, représentent plusieurs fois ce que représente le soutien familial. »

Rainer Münz, spécialiste des populations

Il a cependant nuancé son propos :

« Cependant, on peut se demander si nous voulons une société dans laquelle les gens ne sont payés que pour avoir des enfants à grande échelle, comment cela pourrait être financé et qui ferait ensuite le travail. »

Rainer Münz, spécialiste des populations

La migration joue un rôle de plus en plus important dans le bilan démographique autrichien. Près d’une naissance sur quatre en Autriche concerne un enfant dont les parents ne sont pas de nationalité autrichienne. Münz prévoit que cette tendance se poursuivra : « Il est peu probable que cette tendance change. » À long terme, il suggère de se concentrer sur l’amélioration de la formation et de la qualification de la population, compte tenu du nombre décroissant d’enfants.

Münz a posé la question cruciale de savoir si l’Autriche souhaite compenser le manque de naissances par l’immigration ou si elle préfère envisager une augmentation de la durée de vie active. Il a également souligné que, face à un nombre réduit d’enfants, il est d’autant plus important d’investir dans leur éducation et leur formation :

« Moins il y a d’enfants, plus ils ont de la valeur. Bien sûr aussi en tant que travailleurs. »

Rainer Münz, spécialiste des populations

Ponocny-Seliger a enfin insisté sur l’importance du sentiment de sécurité, tant sur le plan financier que personnel :

« Est-ce que je me sens suffisamment en sécurité pour mettre au monde des enfants en ce moment ? »

Élisabeth Ponocny-Seliger, psychologue à l’Université Sigmund Freud

Elle a également évoqué les aspirations matérielles des jeunes couples :

« Puis-je me permettre une plus grosse voiture ? Le fantasme de la maison à la campagne, où l’enfant joue dans le jardin. »

Élisabeth Ponocny-Seliger, psychologue à l’Université Sigmund Freud

La stabilité est, selon elle, une condition essentielle pour se lancer dans l’aventure de la parentalité.

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