Publié le 21 février 2026 05:13:00. Une étude menée auprès de plus de 1 500 jeunes hommes révèle un lien entre l’utilisation des réseaux sociaux, la comparaison corporelle en ligne et l’attrait pour les stéroïdes anabolisants androgènes (SAA), des substances potentiellement dangereuses pour la santé.
- L’exposition à des contenus axés sur la musculature et la promotion de produits dopants sur les réseaux sociaux est fortement associée à une intention accrue d’utiliser des SAA.
- Les jeunes hommes qui comparent fréquemment leur corps à celui des autres en ligne sont plus susceptibles d’envisager l’utilisation de ces substances.
- L’étude souligne la nécessité d’une éducation aux médias et d’une approche critique face aux idéaux de masculinité véhiculés en ligne.
Une nouvelle recherche, portant sur un échantillon de 1 515 garçons et hommes au Canada et aux États-Unis, met en lumière l’influence grandissante des réseaux sociaux sur les comportements liés à la santé, et plus particulièrement sur l’attrait pour les stéroïdes anabolisants androgènes. L’étude, intitulée « Study of Boys and Men », a analysé la corrélation entre le temps passé en ligne, les types d’engagement sur les plateformes sociales et l’intention d’utiliser des SAA chez des participants n’ayant jamais eu recours à ces substances.
Les résultats indiquent que le temps passé sur les réseaux sociaux est significativement lié à une plus grande propension à envisager l’utilisation de stéroïdes. Bien que la navigation générale sur le Web soit également associée à une intention accrue, l’effet est moins prononcé. L’étude précise toutefois que la simple durée d’exposition ne suffit pas à expliquer ce phénomène.
Le contenu consulté et le contexte d’utilisation des réseaux sociaux jouent un rôle crucial. Les participants présentant des symptômes de dépendance aux médias sociaux affichent une intention plus forte d’utiliser des SAA. De même, ceux qui sont fréquemment exposés à des images de corps masculins musclés, minces ou athlétiques, ainsi qu’à des publicités ou des contenus promouvant des compléments alimentaires et des médicaments pour le renforcement musculaire, sont plus susceptibles d’envisager ces substances. L’exposition à des contenus faisant la promotion de médicaments pour le développement musculaire s’avère être l’élément le plus fortement associé à cette intention.
« Ces résultats suggèrent que nous devons aller au-delà du simple temps passé en ligne pour comprendre comment les habitudes d’engagement des garçons et des jeunes hommes peuvent façonner leurs comportements en matière de santé, y compris leur rapport à l’utilisation de stéroïdes anabolisants androgènes. »
Kyle T. Ganson, PhD, MSW, auteur principal, professeur adjoint à la faculté de travail social Factor-Inwentash de l’Université de Toronto
Il est important de rappeler que les SAA présentent des risques importants pour la santé physique et mentale, notamment des complications cardiovasculaires, des troubles hormonaux, des troubles de l’humeur et un potentiel de dépendance. « Bien que notre étude se concentre sur les intentions de personnes n’ayant jamais utilisé de SAA, elle met en évidence la manière dont les environnements en ligne peuvent influencer les attitudes avant même le début d’une consommation », souligne le Dr Ganson. « Il est donc essentiel de comprendre ce que voient les garçons et les hommes, à quelle fréquence ils se comparent aux autres et comment le marketing des compléments alimentaires et des médicaments est devenu une norme dans l’espace numérique. »
Les chercheurs insistent sur la nécessité d’intégrer l’éducation aux médias, la sensibilisation aux pratiques de marketing numérique et la prise en compte des pressions sociales liées à la culture du fitness en ligne dans les stratégies de prévention. Le Dr Ganson réaffirme : « Nous avons besoin de stratégies qui aident les garçons et les jeunes hommes à évaluer de manière critique leurs idéaux de corps, à déconstruire la promotion omniprésente et à promouvoir une compréhension plus saine et plus flexible de la masculinité et de l’image corporelle, ce qui pourrait contribuer à réduire les risques. »
Dans un contexte où les discussions sur la santé mentale des jeunes et le bien-être numérique sont de plus en plus fréquentes, cette étude apporte un nouvel élément de preuve quant à l’influence du contenu en ligne axé sur la musculature sur les décisions concernant l’utilisation de substances à haut risque visant à améliorer l’apparence et les performances.
Source:
Référence du journal :
Ganson, KT, et al. (2026). Engagement dans les médias sociaux et intentions d’utilisation de stéroïdes anabolisants androgènes chez les garçons et les hommes au Canada et aux États-Unis. Body Image. DOI : 10.1016/j.bodyim.2026.102057. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1740144526000288