Publié le 10 février 2026 à 20h00. L’inflation en Norvège a surpris les économistes en affichant une hausse inattendue en janvier, remettant en question les perspectives d’une baisse rapide des taux d’intérêt et renforçant la couronne norvégienne.
- L’inflation en Norvège a atteint un niveau supérieur aux prévisions, suscitant des inquiétudes quant à sa persistance.
- La Norges Bank pourrait reconsidérer sa politique monétaire, avec une probabilité accrue d’une hausse des taux d’intérêt avant l’été.
- La couronne norvégienne s’est renforcée suite à la publication de ces chiffres, reflétant un regain d’attractivité pour la devise.
Les chiffres de l’inflation publiés mardi par l’Institut norvégien des statistiques ont pris de court les économistes. Loin de montrer les signes attendus d’un ralentissement, l’inflation semble s’accélérer, une situation qui inquiète particulièrement la banque centrale norvégienne (Norges Bank).
« Les chiffres d’aujourd’hui étaient bien plus élevés que quiconque ne l’aurait imaginé. Pour la Norges Bank, il est vraiment inquiétant que l’inflation semble augmenter plutôt que baisser », a déclaré Kjetil Olsen, économiste en chef chez Nordea, dans une nouvelle analyse.
La Norges Bank souligne que cette augmentation n’est pas due à des facteurs isolés, ce qui laisse penser qu’il ne s’agit pas d’un pic temporaire. Cette persistance de l’inflation remet en question les prévisions d’une baisse prochaine des taux d’intérêt.
Pas de baisse des taux en vue, voire une hausse
Parallèlement à la hausse des prix, le marché du travail norvégien reste dynamique. Le taux de chômage enregistré est stable à 2,1 %, un chiffre inférieur aux estimations de la banque centrale. Cette situation ne plaide pas en faveur d’une politique monétaire plus accommodante.
« Du point de vue de l’économie réelle, il n’y a donc aucune bonne raison de penser à une baisse des taux d’intérêt. Le chômage a légèrement diminué au cours des deux derniers mois. »
Kjetil Olsen, économiste en chef chez Nordea
Bien que le renforcement de la couronne norvégienne offre un certain espace de manœuvre à la Norges Bank, les experts anticipent désormais une réelle possibilité que la prochaine décision concernant les taux d’intérêt soit une hausse. Nordea établit un parallèle avec l’Australie, qui a récemment été contrainte d’augmenter à nouveau ses taux après une période de baisse.
« Dans l’ensemble, la trajectoire des taux d’intérêt pointe vers le haut, et une trajectoire purement technique des taux d’intérêt indique désormais une probabilité réelle d’une hausse des taux d’intérêt avant l’été. »
Kjetil Olsen, économiste en chef chez Nordea
La question d’une hausse des taux
Selon Kjetil Olsen, la Norges Bank devra probablement engager des discussions délicates. Dans un premier temps, il anticipe que le report d’une baisse des taux d’intérêt sera la seule mesure envisagée. Cependant, si le chômage continue de baisser, la question d’une augmentation des taux pour maîtriser l’inflation pourrait se poser.
« Mais si le chômage continue de baisser, la discussion en commission va s’ouvrir : les taux d’intérêt doivent-ils augmenter pour que l’inflation baisse ? »
Kjetil Olsen, économiste en chef chez Nordea
La banque centrale attendra probablement de voir l’évolution de la situation sur plusieurs mois, ainsi que les résultats des négociations salariales, avant de prendre une décision radicale. Néanmoins, une éventuelle baisse des taux d’intérêt semble désormais reportée à 2027, voire plus tard.
La couronne norvégienne se renforce
Suite à la publication des chiffres de l’inflation, la couronne norvégienne s’est considérablement renforcée par rapport aux principales devises :
- Dollar américain : passage de 9,59 à 9,51 couronnes.
- Euro : passage de 11,42 à 11,33 couronnes.
- Couronne suédoise : passage de 107,4 à 106,6 couronnes.
- Livre sterling : passage de 13,12 à 13,01 couronnes.
Ce renforcement de la couronne s’explique par la diminution de la probabilité d’une baisse des taux d’intérêt, ce qui rend la devise norvégienne plus attractive pour les investisseurs.