Le géant minier Freeport-McMoRan a dévoilé ses résultats du troisième trimestre le 23 octobre, affichant une performance solide malgré un incident majeur sur son site indonésien de Grasberg. Si le coût de cette interruption a pesé sur la production, la gestion rigoureuse des dépenses et l’envolée des prix du cuivre positionnent la société comme un investissement prometteur à long terme.
Malgré un arrêt temporaire des opérations sur sa mine de Grasberg en Indonésie, qui a engendré une baisse du rendement et de la production trimestrielle, Freeport-McMoRan a su tirer son épingle du jeu. La maîtrise de ses coûts et la hausse significative des cours du cuivre continuent de faire de ce mineur un choix d’investissement pertinent, soutenu par une demande mondiale structurelle pour ce métal.
Le bénéfice par action ajusté (BPA) s’est élevé à 50 cents, dépassant les attentes de 41 cents de 22 %. En comparaison annuelle, cette hausse atteint 31 %.
Les revenus ont quant à eux atteint 6,97 milliards de dollars, soit une augmentation d’environ 3,6 % par rapport aux estimations de 6,73 milliards de dollars. Ce chiffre est également en légère hausse par rapport aux 6,79 milliards de dollars enregistrés lors du même trimestre en 2024.
Ces bons chiffres témoignent de la tendance haussière des prix du cuivre sur une année, passant en moyenne de 4,30 $ la livre à 4,68 $ la livre. Cette augmentation ne devrait pas être un phénomène isolé. L’électrification mondiale, l’expansion des centres de données et le déploiement des infrastructures d’énergies renouvelables devraient générer une demande sans précédent pour le cuivre, un élément très positif pour les perspectives des métaux de base et des sociétés minières.
L’ombre de Grasberg plane sur les chiffres
L’incident de glissement de terrain survenu en septembre à la mine de Grasberg a inévitablement eu des répercussions. La production de cuivre a chuté d’environ 90 millions de livres et celle d’or d’environ 80 000 onces. Freeport anticipe une contribution minimale de ses opérations indonésiennes au quatrième trimestre et maintient ses prévisions de ventes de cuivre pour l’ensemble de l’année à 3,5 milliards de livres.
Aucun calendrier précis n’a été communiqué pour la reprise complète des activités, les enquêtes étant toujours en cours. Cependant, un redémarrage progressif est envisagé pour 2026. Les investisseurs seront tenus informés le 18 novembre, date à laquelle une conférence téléphonique permettra à la société de présenter les conclusions de l’enquête ainsi que ses perspectives opérationnelles et financières pluriannuelles.
Malgré ces aléas à court terme, les perspectives à long terme de Freeport-McMoRan demeurent favorables. La directrice générale, Kathleen Quirk, a rappelé le rôle clé de l’entreprise en tant que fournisseur « fiable et responsable » de métaux.
L’efficacité opérationnelle de Freeport-McMoRan mise en lumière
Si l’arrêt de la mine de Grasberg a logiquement focalisé l’attention, il est important de rappeler que plus de 50 % de la production de cuivre de Freeport provient de ses mines en Amérique du Nord et du Sud.
Ces opérations ont largement compensé la perte de production en Indonésie, avec une augmentation des ventes de 7 % sur un an pour les sites américains. De plus, l’adoption de nouvelles technologies de transport autonome sur la mine de Bagdad, dans le Colorado, a contribué à réduire les coûts de production par livre.
Solidité financière de Freeport toujours au rendez-vous
L’analyse détaillée du rapport financier révèle la solidité sous-jacente de l’entreprise. Freeport a terminé le trimestre avec 4,3 milliards de dollars de trésorerie et 9,3 milliards de dollars de dettes. Son endettement net s’établit ainsi à environ 1,7 milliard de dollars, se situant en deçà de sa fourchette cible de 3 à 4 milliards de dollars.
Bien qu’aucun rachat d’actions n’ait été effectué durant le trimestre, l’entreprise dispose de 3 milliards de dollars dans le cadre de son programme de rachat d’actions précédemment annoncé. Freeport a par ailleurs confirmé son dividende trimestriel de 15 cents par action.
L’action FCX : un achat solide sur le long terme
L’action FCX présente une valorisation attrayante en tant qu’investissement à long terme, portée par la demande mondiale croissante pour le cuivre. Négociée aux alentours de 24 fois les bénéfices prévisionnels, elle affiche une décote par rapport à ses niveaux historiques. De plus, les analystes anticipaient une croissance des bénéfices d’environ 26 % avant la publication de ce rapport, suggérant un potentiel de sous-évaluation du titre.
La question demeure : de combien ? L’action FCX a progressé d’environ 3 % en début de séance, la rapprochant de sa moyenne mobile à 50 jours. Un franchissement de ce seuil technique pourrait la propulser vers l’objectif de cours consensuel de 46,92 dollars.
Cela représenterait une hausse de 12 % par rapport au cours actuel, ramenant le titre vers les sommets atteints en juillet et septembre derniers. Il resterait toutefois en deçà de son plus haut sur 52 semaines, établi à 48,21 dollars en novembre 2024. Pour s’en approcher, un volume d’échanges plus conséquent sera nécessaire.