Home Divertissement Georgi Gospodinov: ‘Jorge Luis Borges gave me an exhilarating sense of freedom’ | Books

Georgi Gospodinov: ‘Jorge Luis Borges gave me an exhilarating sense of freedom’ | Books

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De la petite fille aux allumettes à l’Odyssée d’Homère, en passant par Borges et Tokarczuk, le romancier bulgare Georgi Gospodinov revient sur les lectures qui ont façonné son parcours et son œuvre, révélant comment les livres peuvent être à la fois des refuges, des provocations et des dialogues constants.

L’apprentissage de la lecture, survenu dès l’âge de cinq ou six ans, fut pour Gospodinov une forme de discipline parentale efficace. Il se souvient : « Une fois entré dans un livre, je ne voulais plus en sortir. » L’une de ses premières émotions littéraires marquantes fut la lecture du conte d’Hans Christian Andersen, La Petite Fille aux Allumettes, qui le bouleversa profondément alors qu’il vivait avec sa grand-mère. Il craignait alors, enfant, de la perdre à son tour.

Adolescent, Gospodinov dévorait les romans d’aventure de Thomas Mayne Reid, notamment Le Cavalier sans Tête, et les œuvres de Jack London, comme Martin Eden. L’attrait pour ces récits résidait, selon lui, dans l’idée de voir des écrivains incarnant des figures héroïques – une perspective rare à l’époque. Il se passionnait également pour un manuel de criminologie, fasciné par les techniques d’encre invisible et les indices laissés par les criminels, des préoccupations essentielles pour un garçon de dix ans.

L’érotisme, absent de la Bulgarie socialiste des années 1980, et la découverte de J.D. Salinger marquèrent son adolescence. Il relisait les nouvelles de Salinger de manière obsessionnelle, sans toujours en saisir toutes les subtilités. À 17 ans, il tenta même de rédiger une lettre à l’écrivain américain, espérant le sortir de son silence, mais renonça finalement à l’envoyer. Cette anecdote fut reprise plus tard dans ses mémoires, Le Contrebandier d’Histoires.

Un tournant décisif survint à l’âge de 21 ans, peu avant la chute du mur de Berlin, avec la découverte de Jorge Luis Borges. « C’était comme si j’avais soudainement compris ce dont la littérature est capable, et qu’il n’y a pas de véritables frontières entre les genres », explique-t-il. Cette révélation lui offrit un sentiment d’exaltation et de complicité intellectuelle. Borges lui révéla la richesse de la mémoire, de l’érudition, du cœur, de la science et du mythe.

La poésie bulgare, et plus particulièrement les œuvres tragiques de Peyo Yavorov et Nikola Vaptsarov, furent déterminantes dans sa vocation d’écrivain. Gospodinov commença alors à écrire de la poésie en secret.

L’Odyssée d’Homère, initialement abordée avec réticence à l’école, prit une nouvelle dimension après ses 40 ans. Il y revint sans cesse, découvrant à chaque relecture de nouvelles nuances. Le thème du père et de la relation père-fils le toucha particulièrement, tout comme celui du retour – non seulement au foyer, mais aussi au passé – et la question de la mémoire, de ceux qui nous reconnaissent inconditionnellement, à l’image du chien fidèle.

Plus tard dans sa vie, il découvrit La Montagne Magique de Thomas Mann, un livre qui l’intrigait depuis longtemps. Initialement intimidé par son aspect austère, il finit par être captivé par cette œuvre qui l’invitait à un dialogue intellectuel constant. Il y vit une source d’inspiration précieuse lors de l’écriture de Time Shelter, soulignant que l’écriture est rarement une activité solitaire, mais plutôt une conversation permanente avec d’autres livres et auteurs.

Actuellement, Gospodinov lit Les Livres de Jacob d’Olga Tokarczuk, un roman ambitieux qui, à l’instar des cartes de Borges, semble chercher à contenir le monde et le temps à une échelle de 1:1. Il le décrit comme un livre idéal pour les longues soirées d’hiver.

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