Publié le 12 février 2024 à 16h43. Un médecin généraliste dublinois est accusé de manquements professionnels et de violations du code de déontologie médicale pour des publications sur les réseaux sociaux jugées inappropriées et critiquant la gestion de la pandémie de COVID-19 par les autorités irlandaises.
- Le Dr Marcus de Brun a reconnu que certains de ses tweets étaient offensants et inappropriés.
- Il est accusé d’avoir tenu des propos critiques envers l’Équipe nationale d’urgence de santé publique (Nphet) et le programme de vaccination.
- L’enquête porte sur des publications datant de mai 2020 à octobre 2021.
Le Dr Marcus de Brun, qui dirigeait la clinique Rush Family Medicine dans le nord du comté de Dublin, a comparu mercredi devant le Conseil médical irlandais. L’audience a été ouverte suite à dix allégations, chacune comprenant plusieurs sous-allégations de mauvais rendement professionnel, de faute professionnelle et de violations du code de conduite des médecins.
Au cœur des accusations se trouvent plusieurs tweets controversés. En septembre 2021, le Dr de Brun avait notamment publié : « Certaines personnes obèses veulent que tout le monde soit vacciné. J’imagine que cela les fait se sentir moins gros. » Interrogé à ce sujet par la présidente de l’enquête, Deirdre Murphy, le médecin a admis que ce tweet était inapproprié et offensant, et qu’il aurait dû être supprimé. Il a expliqué que sa publication était une réaction à l’évolution des mesures sanitaires, qui étaient passées de la protection des personnes vulnérables (obèses, malades, âgées) à la protection de l’ensemble de la communauté.
Un autre tweet, également daté de septembre 2021, a également été pointé du doigt. Il disait : « Il y a un certain type d’Irlandaise qui aime s’indigner. Elle porte son masque longtemps après avoir déposé les enfants à la porte, n’a pas eu d’orgasme depuis des lustres et pense que la plupart des hommes ne sont que des chauvins. » Le Dr de Brun a également reconnu que ce message n’était pas approprié.
Lors de son interrogatoire, le Dr de Brun a évoqué un sentiment de « blessure » à l’origine de certains de ses tweets. Il a raconté qu’un parent l’avait interpellé pour ne pas porter de masque en déposant ses enfants à l’école, ce qui l’avait affecté. Il a admis que, sur les cinq dernières années, son langage avait parfois été « excessif ou inapproprié ».
Le médecin a également critiqué les médias irlandais dans un autre tweet, affirmant que « les journalistes irlandais n’aiment pas accepter que les institutions qui leur sont chères ; le Conseil médical ou les médias gérés par l’État sont fondamentalement corrompus. Ils préfèrent prendre l’argent du Covid et nous dire que les lanceurs d’alerte sont des fanatiques. » Il a précisé que le terme « ils » faisait référence aux médias et aux journalistes, et qu’il estimait que les médias étaient « fortement subventionnés ».
Le Dr de Brun a justifié ses publications en expliquant que lui et d’autres personnes critiquant les directives sanitaires liées à la COVID-19 avaient été « incités » à exprimer leurs opinions sur les réseaux sociaux, faute d’autres plateformes pour le faire. Il a également mentionné un tweet daté de mars 2021 dans lequel il affirmait que « la raison pour laquelle nous sommes en confinement est d’empêcher toute révision de la politique », faisant référence à un décès survenu dans une maison de retraite suite à un transfert de patients sans consultation préalable.
L’enquête a également fait état de la participation du Dr de Brun à un rassemblement anti-masque organisé le 22 août 2020 à la douane de Dublin, où il n’aurait pas respecté les directives sanitaires et se serait exprimé contre les mesures liées à la COVID-19. Il a déclaré que sa présence visait à appeler à une enquête publique sur les décès dans les maisons de retraite pendant la pandémie.
Le comité d’enquête s’est réuni à plusieurs reprises en septembre et a rejeté mardi trois demandes présentées par le Dr de Brun. La prochaine audience est prévue jeudi, où les déclarations finales des parties et les conseils juridiques seront présentés.