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Grippe aviaire : une nouvelle étude examine la réponse immunitaire préexistante

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Publié le 11 février 2026. Des chercheurs allemands ont découvert la présence d’anticorps préexistants capables de reconnaître une nouvelle souche du virus H5N1 de la grippe aviaire, même chez des personnes n’ayant jamais été exposées à ce virus, ce qui pourrait influencer la réponse immunitaire face à une éventuelle pandémie.

  • Une étude menée à Cologne a révélé que des anticorps neutralisants contre le virus H5N1 (A/Texas/37/2024) peuvent être détectés chez des individus sans contact connu avec cette souche.
  • Ces anticorps préexistants sont moins efficaces que ceux produits contre les virus de la grippe saisonnière, mais restent mesurables.
  • Ils pourraient être issus d’une réaction croisée avec des virus de la grippe H1N1 saisonniers, ouvrant des perspectives pour le développement de vaccins universels.

La grippe aviaire, causée par le virus de la grippe A, représente une menace constante pour les populations aviaires à travers le monde. Si certaines souches affectent principalement les oiseaux, d’autres peuvent contaminer d’autres espèces animales et, plus rarement, se transmettre à l’homme. Au printemps 2024, une épidémie particulièrement préoccupante du sous-type H5N1 a été identifiée chez des vaches laitières aux États-Unis, entraînant des cas de transmission à l’homme.

Face à cette nouvelle situation, une équipe de recherche de l’Institut de virologie de l’hôpital universitaire de Cologne et de la Faculté de médecine de l’Université de Cologne, dirigée par les professeurs Florian Klein et Christoph Kreer, s’est penchée sur la capacité du système immunitaire humain à reconnaître cette nouvelle variante du virus. L’objectif était de déterminer si l’immunité collective était aussi peu préparée face au H5N1 qu’elle l’était au début de la pandémie de COVID-19.

« Nous voulions savoir si le système immunitaire humain est aussi mal préparé à faire face au H5N1 qu’il l’était au début de la pandémie de COVID-19 ou si un certain niveau d’immunité est déjà présent », explique Katharina Daniel, principale auteure de l’étude.

Les chercheurs ont analysé des échantillons de sang prélevés auprès de la population de Cologne, en étudiant à la fois les anticorps présents et l’activité des cellules B productrices d’anticorps. Leurs résultats, publiés le 10 février 2026 dans la revue Immunity, indiquent que des anticorps contre la variante A/Texas/37/2024 (H5N1) peuvent être détectés même chez des personnes n’ayant jamais été en contact avec ce sous-type viral. Leon Ullrich, également auteur principal de l’étude, précise : « Nos résultats montrent que les anticorps contre la variante du virus A/Texas/37/2024, transmise du bétail aux humains aux États-Unis, peuvent être détectés même chez les personnes sans contact connu avec le sous-type H5N1. »

En comparant la neutralisation sérique avec 76 variantes actuelles et historiques de la grippe, les chercheurs ont constaté que la réaction des anticorps contre A/Texas/37/2024 était moins forte que celle observée face aux virus de la grippe saisonnière H1N1 et H3N2, mais qu’elle restait néanmoins détectable. Des analyses approfondies au niveau cellulaire ont permis d’isoler des cellules B mémoire réactives au H5N1 chez des individus non infectés, révélant qu’il s’agit d’anticorps à réaction croisée ciblant une région particulièrement conservée de la protéine d’hémagglutinine du virus.

« De tels anticorps à réaction croisée sont prometteurs pour le développement d’approches thérapeutiques et de vaccins universels contre la grippe », souligne Christoph Kreer. Il est cependant important de noter que l’efficacité de ces anticorps préexistants en cas d’infection réelle par le virus H5N1 reste à évaluer et fait l’objet de recherches complémentaires.

Cette étude a été menée en collaboration étroite avec l’Institut et polyclinique de médecine du travail, de médecine environnementale et de recherche en prévention (dirigé par Thomas Erren), le groupe de travail du professeur Michael Lässig de l’Institut de physique biologique de l’Université de Cologne, ainsi que l’Institut Friedrich Loeffler, Institut fédéral de recherche pour la santé animale de Greifswald (dirigé par Martin Beer).

Publication :

Daniel K, Ullrich L, Ruchnewitz D, Meijers M, Halwe NJ, Wild U, Eberhardt J, Schön J, Stumpf R, Schlotz M, Wunsch M, Girao Lessa L, Abdelwhab EM, Kuryshko M, Dietrich C, Pinger A, Schumacher AL, Germer M, Rohde M, Kukat C, Gieselmann L, Gruell H, Hoffmann D, Beer M, Erren T, Lässig M, Kreer C, Klein F. Des anticorps neutralisants préexistants contre le virus de la grippe A transmise par les bovins H5N1 sont détectables chez les individus non exposés. Immunity. 30 janvier 2026 : S1074-7613(25)00569-2. DOI : 10.1016/j.immuni.2025.12.013. Publication électronique avant impression. PMID : 41619731.

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