Home Accueil Howard Lutnick admet qu’il est allé sur l’île de Jeffrey Epstein

Howard Lutnick admet qu’il est allé sur l’île de Jeffrey Epstein

0 comments 47 views

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, se retrouve au cœur d’une controverse après la publication de documents révélant des interactions répétées avec Jeffrey Epstein, le financier condamné pour exploitation sexuelle de mineures, malgré des déclarations antérieures affirmant vouloir éviter tout contact avec lui. Ces révélations mettent en doute la crédibilité de M. Ross et suscitent des appels à sa démission, même si certains de ses alliés au Congrès le défendent.

Selon des courriels récemment rendus publics par le ministère de la Justice américain, M. Ross a non seulement rencontré Epstein à plusieurs reprises après 2009, date de sa condamnation, mais a également participé à l’organisation d’une visite sur l’île privée d’Epstein, Little St. James. Ces informations contredisent ses déclarations faites en octobre dernier au New York Post, où il affirmait avoir décidé, après une seule rencontre, de « ne plus jamais être dans la pièce avec cette personne dégoûtante ».

Mardi, lors d’une audition devant une commission sénatoriale, M. Ross a confirmé avoir déjeuné avec Epstein en 2012, sur l’île de Little St. James, en compagnie de sa femme, de ses quatre enfants, de leurs nounous et d’une autre famille. « J’ai déjeuné avec lui alors que j’étais sur un bateau en route pour des vacances en famille », a-t-il déclaré. « Ma femme était avec moi, mes quatre enfants et mes nounous. J’avais un autre couple avec leurs enfants. Et nous avons déjeuné sur l’île. C’est vrai. Pendant une heure. Et nous sommes partis avec tous mes enfants. »

M. Ross a maintenu qu’il n’avait « aucune relation » avec Epstein, affirmant : « Je n’avais pratiquement rien à voir avec cette personne ». Cependant, les courriels du ministère de la Justice suggèrent le contraire. Ils révèlent des échanges détaillés entre les deux hommes et leurs collaborateurs pour organiser des appels téléphoniques sur plusieurs années, notamment en 2009 et 2011. Ils indiquent également qu’ils avaient prévu de prendre un verre ensemble en mai 2011, qu’Epstein avait contribué financièrement à un événement en l’honneur de M. Ross en 2017, et que M. Ross avait invité Epstein à un événement de collecte de fonds « intime » pour Hillary Clinton en 2015, alors qu’elle était candidate à la présidence.

Lors de l’audition, le sénateur Chris Van Hollen (Démocrate-Maryland) a souligné que le problème ne résidait pas dans d’éventuels agissements répréhensibles de M. Ross en lien avec Epstein, mais plutôt dans la « dénaturation totale » de l’étendue de leur relation auprès du Congrès, du public américain et des victimes d’Epstein. « Vous nous avez dit que lorsque vous avez rencontré Epstein pour la première fois en 2005, vous aviez juré de ne plus jamais remettre les pieds dans la même pièce que lui », a rappelé M. Van Hollen. « Vous avez eu des interactions avec Epstein au cours des 13 années suivantes, bien après sa condamnation en 2008. Cela remet en question votre aptitude au poste que vous occupez. »

La situation a provoqué des réactions contrastées au Congrès. Le représentant Thomas Massie (Républicain-Kentucky) a déclaré que M. Ross devrait « faciliter la vie du président » et démissionner. À l’inverse, le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson (Républicain-Louisiane), a qualifié de « absurde » la suggestion de démission de M. Ross, soulignant qu’il avait « fait un travail extraordinaire pour le pays » et appelant à cesser « de jouer à des jeux politiques ».

En 2005, M. Ross avait raconté une anecdote révélatrice sur sa première rencontre avec Epstein. « Ma femme et moi allons à côté. Nous faisons sept pas jusqu’à la maison voisine pour prendre un café [et il ouvre les portes du salon] et il y a une table de massage au milieu de la pièce et des bougies tout autour et tout ça », avait-il déclaré, décrivant la scène avec une certaine complaisance. Il avait ensuite raconté avoir posé des questions directes à Epstein sur la table de massage, qui lui avait répondu qu’il recevait des massages « tous les jours » et avait ajouté, de manière suggestive : « et du bon type de massage ». M. Ross et sa femme avaient alors décidé de partir immédiatement.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.