Publié le 2024-05-26 14:35:00. Une nouvelle approche thérapeutique, administrée par voie nasale, a permis d’éliminer des tumeurs cérébrales agressives chez des souris en stimulant le système immunitaire localement. Cette découverte ouvre des perspectives prometteuses pour le traitement du glioblastome, un cancer du cerveau particulièrement difficile à soigner.
- Des gouttes administrées par le nez ont permis d’éradiquer des tumeurs cérébrales chez des souris.
- La thérapie stimule le système immunitaire directement au sein de la tumeur, limitant les effets secondaires.
- Certaines souris ont développé une immunité durable contre une récidive tumorale.
Des chercheurs de la faculté de médecine de l’Université de Washington (Médecine WashU) ont mis au point une méthode innovante pour délivrer un traitement contre le cancer du cerveau. Leur approche consiste à administrer, par voie nasale, des nanoparticules capables d’activer le système immunitaire directement au sein de la tumeur, contournant ainsi la barrière hémato-encéphalique, un obstacle majeur au traitement de ce type de cancer.
Le glioblastome, une forme agressive de cancer du cerveau, est connu pour sa capacité à réapparaître rapidement après un traitement. De nombreux médicaments prometteurs sont bloqués par la barrière hémato-encéphalique, un filtre protecteur des vaisseaux sanguins cérébraux. L’incidence de ce cancer est d’environ trois cas pour 100 000 personnes chaque année aux États-Unis, selon les données disponibles. Malgré la chirurgie et la radiothérapie, la plupart des patients subissent une rechute, soulignant la nécessité de nouvelles stratégies thérapeutiques.
L’équipe de recherche a développé des acides nucléiques sphériques (ANS), constitués d’ADN étroitement emballé autour d’un noyau. Ces ANS, une fois en contact avec les cellules immunitaires, libèrent un déclencheur d’ADN qui active les capteurs immunitaires à l’intérieur de la tumeur. Le noyau des ANS contient des brins d’ADN conçus pour activer spécifiquement la voie STING, un système de détection de l’ADN qui déclenche les réponses immunitaires. Cette approche permet de maintenir intact le signal immunitaire et de faciliter une administration non invasive.
Les chercheurs ont suivi le trajet des nanoparticules en ajoutant une étiquette lumineuse aux ANS. Ils ont constaté que, après administration nasale, le signal se propageait le long du nerf trijumeau, un nerf facial directement connecté au tissu cérébral. La concentration du signal était nettement plus élevée dans les tumeurs cérébrales et les ganglions lymphatiques voisins que dans d’autres organes.
L’ajout de médicaments bloquant les points de contrôle immunitaires a renforcé l’efficacité de la thérapie nasale. Ces inhibiteurs de points de contrôle immunitaires, qui empêchent les signaux inhibiteurs de freiner les lymphocytes T, permettent à l’attaque immunitaire déclenchée de se poursuivre. Chez les souris, une ou deux doses nasales combinées à ces médicaments ont permis d’éradiquer les tumeurs et de prolonger significativement la survie.
Des résultats encourageants ont également été observés en matière d’immunité à long terme. Certaines souris, après avoir été débarrassées de leur tumeur, ont résisté à une nouvelle implantation tumorale, suggérant le développement d’une mémoire immunologique. Le système immunitaire semblait capable de reconnaître et de réagir contre le cancer sans intervention supplémentaire.
Les tests de sécurité menés sur les animaux n’ont révélé aucun changement comportemental notable et ont montré une inflammation limitée dans les tissus pulmonaires. Cependant, les chercheurs soulignent la nécessité d’études approfondies pour évaluer les effets à long terme de l’activation de la voie cGAS-STING et pour prévenir une inflammation potentielle des cellules cérébrales saines.
Avant de pouvoir être appliquée chez l’homme, cette approche nécessite des études supplémentaires pour déterminer les schémas posologiques optimaux et garantir la sécurité du traitement. Il est également crucial de vérifier que l’administration nasale permet d’atteindre efficacement les tumeurs profondes, en tenant compte des variations anatomiques individuelles.
« Il s’agit d’une approche prometteuse pour développer des traitements plus sûrs et plus efficaces contre le glioblastome et potentiellement d’autres cancers résistants à l’immunothérapie, et elle représente une étape importante vers une application clinique », a déclaré Alexander H. Stegh, Ph.D., principal auteur de l’étude.
L’étude a été publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.
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