Publié le 12 février 2026 à 07h54. Les dirigeants européens se sont réunis dans un château belge pour un sommet informel consacré à la compétitivité de l’Union face à la concurrence croissante des États-Unis et de la Chine, et à la nécessité de réduire les coûts énergétiques.
- L’UE fait face à des coûts énergétiques plus du double de ceux de ses concurrents américains et chinois.
- Les divergences persistent entre les États membres sur les solutions à adopter, notamment en matière d’endettement commun et de politique commerciale.
- Un ultimatum a été posé : des décisions concrètes sont attendues d’ici juin, faute de quoi une coopération renforcée entre certains membres pourrait être envisagée.
La compétitivité de l’Europe est au cœur des préoccupations exprimées lors de ce sommet informel, qui réunit les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne au château d’Alden Biesen, dans la province du Limbourg. La réunion intervient alors que les entreprises européennes sont confrontées à des difficultés croissantes, notamment en raison de coûts énergétiques élevés qui les désavantagent par rapport à leurs concurrents outre-Atlantique et asiatiques. Selon des données de l’UE, les industries européennes paient plus du double pour l’électricité que leurs homologues américains et chinois.
Plusieurs dirigeants ont exprimé leur frustration face au manque de progrès dans l’intégration économique des États membres. Le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, a souligné l’urgence d’agir :
« Il y a tellement de discussions et si peu d’actions, et c’est une chance au moins d’inverser cette tendance. »
Ulf Kristersson, Premier ministre suédois
Le Premier ministre tchèque, Andrej Babis, a été encore plus direct, dénonçant
« Seulement des paroles, des conférences et aucune action. »
Andrej Babis, Premier ministre tchèque
La question de l’énergie est centrale. Andrej Babis a insisté sur la nécessité d’un marché de l’énergie unifié, une position largement partagée. Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a mis en garde contre les conséquences d’une inaction :
« Le principal problème pour l’industrie européenne à l’heure actuelle est le coût de l’énergie. Nous ne sommes pas compétitifs et nous risquons de perdre l’industrie pétrochimique, l’industrie sidérurgique, la métallurgie et bien sûr, c’est la base de toute prospérité. »
Bart De Wever, Premier ministre belge
Ces préoccupations font écho aux appels récents des chefs d’entreprise, qui ont exhorté l’UE à prendre des mesures.
Les divergences entre les États membres rendent toutefois la recherche d’un consensus difficile. Le président français, Emmanuel Macron, a réitéré sa proposition d’un endettement commun accru pour financer des investissements massifs et contester la domination du dollar américain. Il plaide également pour une stratégie « Made in Europe » qui imposerait des exigences minimales en matière de contenu européen pour les biens financés par des fonds publics. L’Allemagne, en revanche, s’oppose à ces deux idées, privilégiant une approche axée sur l’amélioration de la productivité et la conclusion d’accords commerciaux, comme celui avec le Mercosur, que la France rejette.
Le président Macron a fixé un ultimatum pour la prise de décisions :
« Nous devons agir vite et nous avons besoin de décisions concrètes d’ici juin. Si, dans certains domaines, nous n’avançons pas à 27, nous avons le droit d’opter pour une coopération renforcée (entre moins de membres de l’UE) pour aller plus vite. »
Emmanuel Macron, Président français
Il a souligné l’urgence de la situation, aux côtés du chancelier allemand Friedrich Merz, malgré leurs désaccords sur les solutions à adopter.
Les anciens Premiers ministres italiens Mario Draghi et Enrico Letta, auteurs de rapports influents sur la compétitivité de l’UE, ont également été invités à partager leurs analyses lors de ce sommet. Mario Draghi a averti que l’UE s’exposait à une « lente agonie » si des réformes urgentes n’étaient pas mises en œuvre.
