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Il existe un lien entre le stress de l’enfance et les maladies chroniques ultérieures

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Publié le 2025-10-17 08:03:00. Le stress vécu durant l’enfance laisserait des traces durables sur la santé physique à l’âge adulte, selon une nouvelle étude. Les chercheurs ont quantifié l’impact physiologique du stress précoce sur le développement de maladies chroniques plus tard dans la vie.

Une recherche novatrice publiée dans la revue PNAS établit un lien fort entre le niveau de stress ressenti par les enfants et leur état de santé à l’âge adulte. Les scientifiques ont développé une approche quantitative pour mesurer concrètement l’influence du stress précoce sur le corps humain.

« L’idée que les épreuves traversées par les enfants affectent leur organisme, non seulement sur le plan psychologique mais aussi physiologique, existe depuis les années 80 », explique Herman Pontzer, chercheur principal au Pontzer Lab et professeur d’anthropologie évolutionniste à l’Université Duke. « Ce stress s’inscrit dans la durée et modifie la manière dont le corps gère les tensions. »

L’étude s’est intéressée à la « charge allostatique » (AL), terme désignant l’usure de l’organisme causée par un stress chronique. Les chercheurs ont ainsi analysé les corrélations entre l’AL chez l’enfant et la santé cardiométabolique à l’âge adulte. Ils se sont appuyés sur divers biomarqueurs, tels que la protéine C-réactive (marqueur de l’inflammation), le taux d’anticorps lié au virus d’Epstein-Barr (un virus très répandu et contagieux), l’indice de masse corporelle (IMC) et la tension artérielle.

L’analyse approfondie, menée par Elena Hinz, doctorante au sein du Pontzer Lab, révèle que le niveau de stress d’un enfant, même dès l’âge de 9 à 11 ans, constitue un indicateur prédictif de sa santé cardiovasculaire et métabolique une fois adulte.

Contrairement aux études antérieures qui reposaient souvent sur des témoignages d’adultes se remémorant leur stress passé, cette nouvelle recherche s’est appuyée sur une étude longitudinale d’envergure. Elle a permis de collecter des données quantitatives précises sur une longue période.

Les auteurs ont examiné les données de la « Great Smoky Mountains Study » (GSMS), une étude longitudinale démarrée en 1992 et toujours en cours, qui suit des enfants afin d’évaluer les besoins en matière de santé mentale.

Elena Hinz, dont l’enfance a été marquée par une vie en communauté rurale dans le Tennessee, a confié que son propre parcours a nourri son intérêt pour le stress infantile. « Venant d’une région rurale du Sud, j’ai une certaine idée de ce que représente le stress dans un tel environnement, notamment en termes d’adversité, de précarité alimentaire et de conditions physiques », a-t-elle partagé.

Elle rappelle que le corps humain réagit au stress aigu par une réponse de « lutte ou fuite », caractérisée par une augmentation de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle. « Ces réactions nous aident à surmonter une situation tendue, mais il n’est pas sain de rester constamment dans cet état. Ce qui m’intéresse, c’est ce qu’il advient lorsque cette tension ne retombe pas », précise-t-elle.

La pauvreté semble être un facteur central de cette étude. Un foyer stable et financièrement sûr est donc essentiel pour garantir une enfance saine et épargnée par le stress chronique.

« Chez les enfants âgés de 8, 9 et 10 ans, ce qui leur arrive semble influencer leur tension artérielle à l’âge adulte », souligne le professeur Pontzer quant à l’impact du stress précoce.

Le chercheur ajoute : « Ce qui aide, ce sont des mesures comme l’accès à l’éducation, la formation professionnelle et toutes les initiatives permettant aux communautés de sortir de la pauvreté. Cela offre aux individus la possibilité d’obtenir l’aide nécessaire en temps voulu, contrairement aux obstacles financiers liés aux soins de santé. »

« Assurer à un enfant qu’il y aura un dîner, de la nourriture sur la table, est primordial, car ce stress psychologique n’est pas que psychologique », insiste Pontzer. « Il se manifeste dans le fonctionnement même de votre corps. »

Cette recherche a été soutenue par plusieurs institutions, notamment l’Institut national de la santé mentale, le National Institute on Drug Abuse, le NARSAD (avec un prix de carrière précoce pour l’auteure principale), la William T. Grant Foundation et le Conseil de recherche économique et sociale du Royaume-Uni.

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