Publié le 04 octobre 2025. L’étude du microbiome intestinal d’une centenaire révèle des surprises : une flore bactérienne exceptionnellement jeune, suggérant un lien fort entre alimentation, style de vie et longévité.
- Le microbiome d’une femme de 117 ans présentait une diversité bactérienne comparable à celle de personnes plusieurs décennies plus jeunes.
- Ce profil exceptionnel serait lié à son alimentation, riche en yaourts et en régime méditerranéen.
- Les chercheurs soulignent l’importance du mode de vie, au-delà de la génétique, pour la santé et la longévité.
La centenaire María Branyas Morera, décédée en 2024, avait accepté de léguer des échantillons de son microbiome intestinal avant sa mort. Les analyses, publiées dans la revue « Cell Reports Medicine », ont révélé une composition bactérienne remarquable, qui détonne avec le vieillissement naturel de cette communauté microbienne.
Avec l’âge, la flore intestinale a tendance à perdre de sa diversité. Les bactéries bénéfiques diminuent, laissant place à des espèces moins utiles, ce qui fragilise le système immunitaire des personnes âgées. Chez Mme Branyas, le constat fut tout autre. Son microbiome affichait une richesse bactérienne digne de personnes beaucoup plus jeunes, notamment en ce qui concerne les Bifidobacteriaceae. Cette famille de bactéries est connue pour son rôle essentiel dans le soutien immunitaire, la régulation du cholestérol et la protection contre les affections gastro-intestinales.
Les scientifiques ont rapidement identifié l’alimentation comme un facteur clé de cette longévité intestinale. María Branyas consommait quotidiennement trois yaourts enrichis en cultures bactériennes vivantes, tout en suivant un régime méditerranéen typique. Ce dernier met l’accent sur les légumes, les fruits, les légumineuses et les céréales complètes, l’huile d’olive, tout en limitant la viande rouge et les produits transformés.
Les yaourts et autres aliments fermentés, comme le kéfir, le kombucha, la choucroute ou le kimchi, sont d’excellentes sources de probiotiques, ces bactéries vivantes bénéfiques. Cependant, pour prospérer, ces micro-organismes ont besoin de « nourriture » : les prébiotiques. Ces fibres alimentaires, présentes dans les fruits, les légumes et les céréales complètes, constituent le substrat idéal pour bâtir et maintenir une flore intestinale saine et diversifiée.
L’étude suggère que la longévité exceptionnelle de María Branyas résultait d’une combinaison complexe de facteurs : une génétique favorable, un métabolisme efficace, une inflammation limitée et, de manière significative, un microbiome intestinal particulièrement bien préservé. Son cas met en lumière le rôle prépondérant du mode de vie, offrant un contrepoint essentiel à l’idée que seuls les gènes déterminent notre santé et notre espérance de vie.
Bien qu’il n’existe pas une unique flore intestinale « parfaite », les experts s’accordent sur le fait qu’une plus grande variété de micro-organismes est synonyme de meilleure santé. Pour favoriser une communauté bactérienne diversifiée et robuste, il est recommandé de :
- Consommer régulièrement des produits fermentés tels que le yaourt nature, le kéfir ou la choucroute.
- Privilégier les légumes, les fruits, les légumineuses et les produits à base de céréales complètes.
- Limiter sa consommation de sucre et d’aliments ultra-transformés.
- Adopter le régime méditerranéen comme modèle nutritionnel.
Bien que ces habitudes ne garantissent pas une vie centenaire, elles contribuent significativement à réduire les risques de développer des maladies chroniques telles que le diabète de type 2, certains cancers ou des pathologies cardiovasculaires.