Publié le 13 février 2026 11:01:00. Une nouvelle approche basée sur l’intelligence artificielle pourrait révolutionner la mesure de la pression artérielle, en permettant une évaluation précise et non invasive grâce à l’analyse d’images de la rétine.
- Une étude révèle qu’il est possible d’estimer la pression artérielle systolique et diastolique à partir de photographies du fond d’œil avec une précision comparable aux méthodes traditionnelles.
- Cette technologie pourrait offrir une mesure plus stable et reflétant mieux l’état de santé vasculaire à long terme qu’une simple prise de tension.
- Les chercheurs comparent cette avancée au test HbA1c pour le diabète, offrant un aperçu de l’état physiologique chronique plutôt que des lectures ponctuelles.
La mesure de la pression artérielle, un indicateur clinique essentiel, est souvent sujette à des variations importantes dues au stress, à la posture ou à l’heure de la journée – un phénomène connu sous le nom d’« effet blouse blanche ». Ces fluctuations rendent difficile l’évaluation précise du risque cardiovasculaire à long terme. L’hypertension chronique, en particulier, entraîne des modifications structurelles de la microvascularisation rétinienne, ce qui a incité les chercheurs à explorer le potentiel de l’imagerie rétinienne comme outil de surveillance plus fiable.
L’étude, menée sur un vaste ensemble de données comprenant plus de 105 000 images rétiniennes provenant de plus de 51 000 participants à la biobanque britannique, a utilisé un réseau neuronal convolutionnel pour prédire la pression artérielle systolique et diastolique. Les résultats ont démontré une erreur absolue moyenne de 9,81 mm Hg (millimètres de mercure) pour la pression systolique et de 6,00 mm Hg pour la pression diastolique. Ces marges d’erreur sont comparables à la variabilité des mesures manuelles et supérieures à la précision obtenue en se basant uniquement sur les moyennes de la population.
L’analyse des images a révélé que l’intelligence artificielle s’appuie principalement sur l’architecture des vaisseaux sanguins rétiniens et les caractéristiques du disque optique. Cela confirme l’hypothèse selon laquelle la structure rétinienne reflète l’état vasculaire à long terme, plutôt que des variations temporaires. Les chercheurs estiment que cette biométrie rétinienne pourrait, à terme, compléter ou améliorer les méthodes de surveillance actuelles, notamment pour identifier l’hypertension persistante et évaluer le risque microvasculaire.
Des essais cliniques supplémentaires sont nécessaires pour valider ces résultats dans des conditions réelles. Cependant, cette avancée ouvre la voie à une surveillance de la pression artérielle plus accessible, plus précise et moins intrusive.
Référence
Bressler I et al. Biométrie optique de la pression artérielle sans contact utilisant l’analyse basée sur l’IA de l’imagerie du fond d’œil non mydriatique. Innovations BMJ. 2026;bmjinnov-2025.