Home Santé Impact de l’utilisation d’anticorps monoclonaux pour réduire les hospitalisations dues au virus respiratoire syncytial dans la population pédiatrique

Impact de l’utilisation d’anticorps monoclonaux pour réduire les hospitalisations dues au virus respiratoire syncytial dans la population pédiatrique

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Publié le 16 février 2026. L’immunisation passive contre le virus respiratoire syncytial (VRS) grâce à des anticorps monoclonaux, notamment le nirsevimab, connaît un succès significatif en Espagne, réduisant drastiquement les hospitalisations infantiles liées à cette infection respiratoire courante mais potentiellement grave.

  • Le nirsevimab offre une protection immédiate contre le VRS, contrairement aux vaccins traditionnels qui nécessitent un délai pour développer une immunité.
  • L’Espagne a atteint une couverture vaccinale supérieure à 90 % chez les nouveau-nés grâce à l’administration de nirsevimab.
  • Des études récentes indiquent une efficacité de près de 80 % dans la prévention des hospitalisations dues au VRS chez les nourrissons.

Le virus respiratoire syncytial (VRS) est la principale cause d’infections graves des voies respiratoires inférieures chez les bébés de moins d’un an. Bien que la plupart des infections soient bénignes, se manifestant par une toux ou un écoulement nasal, le VRS peut entraîner une bronchiolite sévère nécessitant une hospitalisation, en particulier chez les nourrissons de moins de six mois ou ceux souffrant de pathologies pulmonaires ou cardiaques préexistantes. Selon une revue systématique, le VRS est associé à un décès sur 28 chez les enfants de moins de six mois.

Au niveau européen, les données sont encore limitées, mais le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) estime que le VRS est responsable de l’hospitalisation d’environ 250 000 enfants de moins de cinq ans chaque année, dont certains nécessitent des soins intensifs. En Espagne, plus de 13 000 hospitalisations dues au VRS chez les enfants de moins d’un an ont été recensées au cours de la saison 2022-2023.

Qu’est-ce que le nirsevimab ?

Les nourrissons ont un système immunitaire immature, ce qui les rend plus vulnérables aux complications et aux hospitalisations liées au VRS. L’immunisation passive, qui consiste à administrer des anticorps monoclonaux, offre une solution préventive efficace. Contrairement aux vaccins, qui stimulent le système immunitaire pour produire des anticorps après un délai de 10 à 14 jours, les anticorps monoclonaux confèrent une protection immédiate. L’anticorps se lie au VRS, empêchant le virus de fusionner avec les cellules des voies respiratoires et réduisant ainsi le risque de formes graves de l’infection, d’hospitalisations, d’admissions en soins intensifs et de décès.

L’immunisation de la population pédiatrique par l’administration d’un anticorps monoclonal – principalement le nirsevimab (Beyfortus) – a été introduite dans certains pays dès la saison 2023-2024. En Espagne, la couverture vaccinale chez les nouveau-nés a atteint en moyenne plus de 90 %.

À qui le nirsevimab est-il destiné ?

Le nirsevimab est indiqué pour la prévention des infections à VRS chez les bébés jusqu’à six mois et chez les enfants de moins de deux ans présentant des facteurs de risque. Plus précisément, il est recommandé pour les groupes suivants :

  • Les bébés prématurés nés avant 35 semaines de gestation, avant l’âge de 12 mois.
  • Les enfants de moins de deux ans présentant l’une des conditions à risque suivantes : a) Cardiopathie congénitale, dysplasie broncho-pulmonaire ou chirurgie cardiaque avec circulation extracorporelle. b) Affections sous-jacentes augmentant le risque de bronchiolite sévère due au VRS, telles que l’immunosuppression, les erreurs innées du métabolisme, les maladies neuromusculaires, les affections pulmonaires graves, les syndromes génétiques, la mucoviscidose ou les malformations œsophagiennes.
  • Tous les enfants de moins de six mois (nés aux dates indiquées par les autorités sanitaires).

Autres mesures de prévention

En complément de l’immunisation par le nirsevimab, des mesures préventives non pharmacologiques doivent être appliquées, tant pour les nourrissons que pour leur entourage :

  • Lavez-vous les mains avant de tenir, nourrir ou toucher le bébé.
  • Nettoyez et désinfectez régulièrement les objets avec lesquels le bébé entre en contact.
  • Limitez le nombre de personnes en contact étroit avec le bébé (moins de 2 mètres).
  • Les personnes présentant des symptômes respiratoires doivent éviter de s’approcher du bébé. En cas de doute, portez un masque.
  • Les personnes présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë ne doivent pas fréquenter les crèches.
  • Évitez d’exposer le bébé à la fumée, notamment celle du tabac.

Impact de l’introduction du nirsevimab

Les premières évaluations ont montré une efficacité élevée dans la prévention des hospitalisations dues au VRS après son introduction dans plusieurs pays européens et aux États-Unis.

Une étude menée en Espagne au cours de la première saison d’administration du nirsevimab (2023-2024) a estimé une efficacité de près de 80 % dans la prévention des hospitalisations dues au VRS chez les nouveau-nés. Une étude européenne a révélé des estimations similaires chez les enfants de moins de six mois au cours de la saison 2024-2025.

Cette efficacité a également entraîné une réduction de 75 % du nombre d’hospitalisations dues au VRS au cours de la saison 2023-2024 en Espagne dans le groupe des enfants de moins d’un an, soit près de 10 000 hospitalisations évitées. Ces chiffres se sont maintenus lors de la saison 2024-2025 par rapport aux hospitalisations pour VRS observées pendant la période 2022-2023 dans la même tranche d’âge.

Il a été estimé qu’il faut vacciner 41 nourrissons pour prévenir une hospitalisation due au VRS chez les enfants de moins de six mois, qui sont les plus susceptibles de développer des complications en cas d’infection.

En conclusion, les programmes d’immunisation passive avec le nirsevimab ont démontré une efficacité et un impact importants dans la réduction des hospitalisations dues à une infection par le VRS au cours des premières saisons de leur mise en œuvre. Dans les années à venir, il sera important de comparer l’efficacité de cette mesure à celle de la vaccination des femmes enceintes et d’évaluer l’utilisation de vaccins chez les personnes âgées et celles souffrant de certaines pathologies à haut risque.


Cet article a été rédigé avec l’expertise de la Société espagnole d’épidémiologie.


Ivan Martínez-Baz, chercheur postdoctoral Miguel Servet, Institut de Santé Publique et Professionnelle de Navarre; Angela Dominguez García, professeure de médecine préventive et de santé publique, département de médecine, CIBER Épidémiologie et Santé Publique, Université de Barcelone; Carmen Miret López, chef du service de médecine préventive et d’épidémiologie, hôpital universitaire Arnau de Vilanova (Lérida), Département de Santé du Gouvernement de Catalogne; Irène Barrabeig Fabregat, membre du groupe de travail sur les vaccinations ; Irma Casas García, chef du service de médecine préventive de l’hôpital allemand Trias i Pujol, Département de Santé du Gouvernement de Catalogne; Jenaro Astray Mochales, groupe de travail sur les vaccins de la Société espagnole d’épidémiologie (SEE), épidémiologiste ; Jésus Castille, responsable des maladies transmissibles et des vaccinations à l’Institut de santé publique et professionnelle de Navarre – IdiSNA – CIBERESP, Institut de Santé Publique et Professionnelle de Navarre ; et Père Godoy, professeur de médecine préventive et de santé publique, département de médecine et de chirurgie, Université de Lleida, CIBER Épidémiologie et Santé Publique, Université de Lérida.

Cet article a été initialement publié dans La Conversation. Lire l’article original.

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