Bengaluru – En difficulté face à une équipe d’Afrique du Sud A survoltée, le jeune Dhruv Jurel a brillé de mille feux en inscrivant un magnifique siècle, permettant à l’Inde A de limiter les dégâts. Sa performance remarquable sur un terrain qui favorise les lanceurs rapides place son nom en bonne position pour une potentielle sélection en équipe nationale.
Alors que l’Inde A traversait une période critique face à une attaque sud-africaine redoutable sur un terrain particulièrement propice aux lanceurs rapides au Centre d’Excellence de la BCCI à Bengaluru, Dhruv Jurel a orchestré une remarquable réorganisation du bas de classement. Son innings n’a pas seulement stabilisé la manche, mais a également permis à son équipe d’atteindre une score respectable. Il a ainsi signé son quatrième siècle en première classe, dont trois depuis le mois de juin.
Cette performance intervient alors que la question de la composition du milieu de terrain indien se pose avec acuité. Avec le retour imminent de Rishabh Pant, la jeune sensation Dhruv Jurel pourrait être envisagé comme un batteur spécialiste au poste de numéro 6, un rôle qui pourrait également être disputé avec Nitish Reddy. Sa forme actuelle, marquée par des scores de 124, 44 et 6* contre les Indes occidentales, témoigne d’une maturité et d’une constance croissantes.
Il y a à peine quelques mois, Jurel avait déjà impressionné avec un superbe siècle face à l’Australie A à Lucknow, sur un terrain propice aux spinners. Ce nouveau exploit, réalisé dans des conditions de jeu qui favorisent les lanceurs rapides, démontre sa capacité d’adaptation et son habileté à redresser une situation compromise. Parti de 124 pour 7 wickets, il a contribué à ajouter 131 points pour les trois derniers wickets, permettant à l’Inde A de terminer la journée sur un score de 255 tout en étant éliminé. Jurel est resté invaincu à 132, un innings ponctué de 12 fours et 4 six.
Face à cette démonstration, Devdutt Padikkal, autre concurrent potentiel pour une place au milieu de terrain, n’a pu inscrire que 5 points, son troisième score à un chiffre consécutif. Bien qu’il ait également impressionné face à l’Australie A et dans le Trophée Ranji, il pourrait avoir perdu du terrain dans la course à la sélection après sa dernière apparition avec l’Inde en novembre dernier à Perth.
La journée avait mal débuté pour l’Inde A. Abhimanyu Easwaran a été éliminé sur un « duck » en trois balles, victime d’une balle qui a pris le revers de la ligne et l’a piégé devant les guichets. Son partenaire d’ouverture, KL Rahul, après avoir trouvé trois limites en un seul sur, a été éliminé en tentant de frapper une balle qui s’éloignait, sur une tentative de drive trop ambitieuse. B Sai Sudharsan, toujours aussi hésitant, a eu du mal à s’installer. Troublé par le mouvement de la balle, il a tenté de sortir de son pli pour contrer le mouvement tardif, une tactique qui s’est avérée risquée. Il a finalement été éliminé par le lanceur off-spinner Subrayen, après avoir manqué son coup et touché son coussinet.
Rishabh Pant, quant à lui, a affiché des intentions offensives dès le départ, inscrivant 24 points en 20 balles avant d’être éliminé en tentant de survoler le champ intérieur. Le lanceur rapide gauche Tiaan van Vuuren a causé des problèmes aux batteurs grâce à ses balles qui bougeaient tardivement et prenait du relief sur la surface, éliminant notamment Harsh Dubey. Kuldeep Yadav a également connu un moment d’inquiétude après un choc léger qui a provoqué le rebond de son casque, mais il s’est ressaisi pour aider Jurel à ajouter 79 points pour le huitième wicket.
La solidité et la patience de Jurel ont été exemplaires tout au long de son innings. Il a fait preuve d’une grande maîtrise aussi bien sur le jeu de jambes avant que sur le jeu de jambes arrière face aux balles en mouvement, exécutant des coupes et des drives impériaux. Le secret de sa remarquable performance réside dans sa capacité à jouer tardivement et à utiliser un grand pas avant pour contrer les mouvements tardifs des lanceurs. Après avoir initialement joué avec sa batte près du corps et cherché à occuper le pli, Jurel a su changer de rythme pour punir les mauvaises balles, atteignant finalement son siècle en 146 livraisons et sauvant son équipe d’une situation périlleuse lors d’une journée dominée par les lanceurs.