Braunschweig, Allemagne – 7 novembre 2025 – Une onde de choc parcourt le corps médical en Basse-Saxe. L’entrée en vigueur d’un nouveau contrat d’assistance pour les sages-femmes indépendantes, censé améliorer la rémunération, se révèle être un coup dur financier pour nombre d’entre elles. Cette situation alarmante conduit déjà à des démissions en cascade et à une restructuration des services d’obstétrique, y compris au sein du réputé Marienstift de Braunschweig.
Anja Samborski, dont la passion pour son métier est palpable – « C’est dans mon ADN », confie-t-elle – exerce comme sage-femme traitante et assure des astreintes en salle d’accouchement au Marienstift. Jusqu’à présent, ces interventions étaient directement facturées aux caisses primaires d’assurance maladie. Or, le nouveau système, introduit en novembre, instaure une rémunération horaire forfaitaire. Ce tarif, jugé insuffisant par les professionnelles, n’est viable que si la sage-femme accompagne une seule naissance sur toute sa durée. Problème : la réalité du terrain impose souvent de suivre plusieurs patientes simultanément, une pratique désormais moins rémunérée.
« C’est une situation intenable qui génère énormément de pression », déplore Anja Samborski, qui anticipe une baisse de revenus pouvant atteindre un tiers. L’Association des sages-femmes de Basse-Saxe partage ses inquiétudes et redoute des départs massifs : « Nous estimons qu’en moyenne deux à quatre sages-femmes par équipe s’apprêtent à quitter leur poste. »
Ces craintes ne sont pas sans fondement. Au Marienstift de Braunschweig, déjà trois sages-femmes ont remis leur démission. « Je n’ai aucune envie de m’engager financièrement dans ce nouveau système », explique Tracy Krause, une autre sage-femme concernée. Ce mouvement de départs représente un quart de l’équipe locale. La direction du Marienstift assure néanmoins que la continuité des soins est garantie et qu’aucune femme enceinte ne sera refusée.
Le phénomène n’est pas isolé en Basse-Saxe. Les hôpitaux de Winsen, Agaplesion à Göttingen et St. Marien à Vechta rapportent des démissions similaires, oscillant entre deux et quatre sages-femmes par équipe. Bien que les postes à Vechta aient été pourvus, la tendance générale suscite une vive préoccupation quant à l’avenir des soins obstétricaux. « Si cette tendance se poursuit, nous devrons être très inquiets pour la prise en charge des femmes enceintes et des familles », alerte Susanne Huhndorf, représentante de l’Association des sages-femmes de Basse-Saxe. Moins de personnel et moins de salles d’accouchement signifieraient pour les futures mères des trajets plus longs et des risques accrus.
Face à la controverse, l’association faîtière des caisses primaires d’assurance maladie (GKV) défend le nouveau modèle. Elle assure que cette réforme vise à renforcer le suivi personnalisé des femmes durant l’accouchement, arguant d’un doublement du taux horaire. L’association se dit toutefois en dialogue constant avec les instances de sages-femmes. De son côté, Anja Samborski attend les premières factures pour évaluer concrètement l’impact financier. Les sages-femmes espèrent pouvoir présenter des preuves de la baisse de leurs revenus pour entamer une renégociation. En attendant, l’Association allemande des sages-femmes a engagé une procédure en référé contre ce nouveau contrat.