Publié le 11 février 2026 à 00h17. Quelques minutes d’exercice physique supplémentaire par jour, ou une simple réduction du temps passé assis, peuvent significativement diminuer le risque de maladies cardiovasculaires, selon une vaste étude internationale. Ces résultats soulignent l’importance d’intégrer de petites habitudes de mouvement dans le quotidien, même pour les personnes les moins actives.
- Une augmentation de seulement 5 minutes d’activité physique modérée à intense par jour réduit la mortalité à huit ans de 6 %.
- Réduire de 30 minutes par jour le temps passé assis diminue la mortalité de 3 % chez les personnes à risque et de 7 % dans la population générale.
- L’étude confirme que même de faibles augmentations d’activité physique ont un impact positif sur la santé cardiovasculaire.
La sédentarité est un facteur de risque majeur pour la santé cardiovasculaire, responsable de 7 à 9 % de la mortalité mondiale. Si les bienfaits d’une activité sportive régulière sont bien établis, les études peinaient jusqu’à présent à évaluer l’impact de changements minimes dans les habitudes quotidiennes. Une nouvelle recherche, publiée dans la revue The Lancet, apporte des éléments de réponse encourageants.
Ulf Ekelund et ses collègues du Département de médecine du sport de l’École norvégienne des sciences du sport d’Oslo ont analysé les données de plus de 135 000 participants issus de sept études menées en Norvège, en Suède et aux États-Unis, sur une période de plus de huit ans. Les participants ont été suivis grâce à des questionnaires, mais aussi grâce à des accéléromètres – des dispositifs mesurant tous les mouvements – portés en continu pendant toute la durée de l’étude.
Les résultats sont sans appel : même de petites augmentations d’activité physique ont un effet notable sur la survie. Une augmentation de seulement 5 minutes par jour d’activité physique modérée ou intense chez les personnes les moins actives réduit la mortalité à huit ans de 6 %. En augmentant ce temps à 10 minutes par jour, la réduction de la mortalité atteint près de 9 %.
L’étude met également en évidence les bénéfices de la réduction de la sédentarité. Diminuer de 30 minutes par jour le temps passé assis réduit la mortalité de 3 % chez les personnes présentant des facteurs de risque cardiovasculaire (hypertension, diabète, etc.) et de 7 % dans la population générale. Il est important de noter que ces résultats sont constants, sans différence significative entre les hommes et les femmes. Les participants à l’étude passaient en moyenne plus de neuf heures et demie par jour en position assise.
Ces conclusions corroborent d’autres recherches récentes. Une étude publiée l’année dernière dans le Journal of the American College of Cardiology par le Dr E. Ajufo de la division de cardiologie du Brigham and Women’s Hospital de Boston (États-Unis) a révélé que les personnes les plus sédentaires (passant plus de 10,6 heures par jour dans des activités physiques modestes) présentaient un risque accru de 45 % d’insuffisance cardiaque huit ans plus tard, par rapport à la moyenne.
L’étude souligne également une diminution du risque de fibrillation auriculaire (de 11 %) et d’infarctus du myocarde (de 15 %) associée à une activité physique accrue. L’un des principaux enseignements de cette recherche est que quelques minutes d’exercice supplémentaire par jour, ou une pause d’une demi-heure, peuvent suffire à obtenir des résultats tangibles en termes de santé cardiovasculaire. Un objectif accessible à tous.
L’Organisation mondiale de la santé recommande au moins 150 minutes d’activité physique modérée par semaine. Il est temps de s’équiper pour atteindre cet objectif.
« Quelques minutes par jour d’activité physique accrue ou une pause d’une demi-heure suffisent pour obtenir un résultat tangible en termes de risque cardiovasculaire. Et c’est un objectif facile à atteindre. »
Antonio G. Rebuzzi, professeur de cardiologie, Université catholique, Rome
© TOUS DROITS RÉSERVÉS