Malgré une réglementation visant le tri des déchets à la source depuis 2022, son application reste un défi majeur dans de nombreuses localités, faute d’infrastructures adéquates et d’une réelle efficacité opérationnelle. Les représentants à l’Assemblée nationale soulignent l’urgence d’améliorer la gestion des détritus ménagers, tant en milieu urbain qu’en zone rurale.
Chu Thi Hong Thai, membre de l’Assemblée nationale pour Lang Son, a mis en lumière les difficultés rencontrées : « La mise en œuvre de la classification des déchets à la source est réglementée depuis 2022, mais cela n’est pas possible dans de nombreux endroits en raison du manque d’infrastructures. » Si dans certains secteurs le tri à la source est respecté, la réalité sur le terrain est souvent une collecte indifférenciée des différents types de déchets. Les entreprises chargées de l’élimination investissent peu dans des équipements techniques performants pour la collecte et le tri, rendant les efforts de séparation humaine vains.
Dans les zones rurales, la situation est particulièrement préoccupante. Mai Van Hai, député du Thanh Hoa, a rappelé les obstacles persistants, malgré les efforts conjoints avec le Programme national ciblé pour un nouveau développement rural. « La collecte et le traitement des déchets ménagers dans les zones rurales… se heurtent encore à certaines difficultés, lacunes et problèmes, notamment dans la classification, la collecte et le traitement des déchets ménagers », a-t-il constaté. La majorité des déchets n’est pas triée et est simplement acheminée vers des sites d’élimination ou des incinérateurs. Ces derniers, souvent vétustes, souffrent d’une faible capacité, d’un rendement médiocre et d’une capacité de recyclage très limitée, aggravant la pollution environnementale.
Les causes subjectives de cette inefficacité sont également pointées du doigt par le délégué Mai Van Hai. Il évoque un manque de vigilance et d’implication de la part de certains comités du Parti, autorités, organisations, entreprises et citoyens. S’y ajoutent des comportements néfastes tels que l’utilisation abusive d’engrais et de pesticides, l’habitude de brûler la paille après la récolte, des difficultés financières pour les communautés locales et des investissements insuffisants dans les infrastructures de gestion des déchets ménagers.
Face à ce constat, les délégués insistent sur la nécessité d’adopter des technologies modernes et écologiques pour remplacer progressivement les méthodes de mise en décharge traditionnelles. La socialisation de la protection de l’environnement est également jugée primordiale. Mai Van Hai soutient l’idée qu’une résolution de l’Assemblée nationale sur le contrôle thématique soit adoptée pour lever les freins à l’application de la loi sur la protection de l’environnement de 2020. Il appelle à des politiques de soutien et d’attraction des investissements dans ce secteur, notamment pour la gestion des déchets solides en milieu rural.
Chu Thi Hong Thai a proposé d’intégrer plusieurs points cruciaux dans le futur projet de résolution : un renouvellement complet de la gestion des déchets ménagers, assurant une chaîne de traitement cohérente de la classification à l’élimination finale. Elle demande une révision et une adaptation de la planification des zones de traitement des déchets à l’échelle suprarégionale par le gouvernement et les municipalités. L’utilisation de technologies respectueuses de l’environnement doit être favorisée, la mise en décharge progressivement réduite, et le tri à la source encouragé, couplé à des mécanismes de collecte, de transport et de traitement séparés pour éviter le gaspillage des ressources.
Par ailleurs, les représentants ont plaidé pour l’achèvement rapide d’un mécanisme de financement environnemental. Celui-ci devrait inclure une tarification basée sur la quantité de déchets produits, un soutien aux projets de traitement avancés par le Fonds de protection de l’environnement, ainsi qu’un renforcement de l’inspection et de la gestion des installations polluantes.
Concernant la gestion environnementale locale, Chu Thi Hong Thai a souligné l’importance du niveau communautaire, le plus proche des citoyens. Elle a insisté sur la nécessité d’un mécanisme clair de décentralisation et de délégation des pouvoirs environnementaux, garantissant « des personnes claires, des rôles et des responsabilités clairs », assortis de dispositifs de contrôle et de suivi.