Publié le 25 février 2026. Une étude révèle que l’irritabilité liée à la faim, souvent appelée « hangry », n’est pas simplement due à une baisse de la glycémie, mais à la façon dont le cerveau perçoit les signaux internes du corps et les associe aux émotions.
La mauvaise humeur et l’irritabilité peuvent avoir de nombreuses causes, mais un facteur souvent négligé est la sensation de faim. Ce phénomène est si courant qu’un terme spécifique a même été inventé en anglais, « hangry », contraction de hungry (affamé) et angry (en colère), et a trouvé sa place dans le dictionnaire Oxford.
Comment cela se manifeste-t-il ?
Une étude publiée dans la revue eBioMedicine (faisant partie du groupe The Lancet), coordonnée par le professeur Nils Kroemer de l’université de Tübingen, a cherché à comprendre ce type spécifique de mal-être. Les chercheurs ont confirmé l’existence d’un lien entre la sensation de faim – souvent inconsciente en raison des distractions liées au travail – et une augmentation de l’irritabilité. L’étude a démontré que ce n’est pas tant une baisse du taux de sucre dans le sang, ou hypoglycémie, qui est responsable de cette mauvaise humeur, mais plutôt la perception globale de l’état énergétique du corps, telle que perçue consciemment. Cette perception peut inclure des sensations de faiblesse, d’estomac vide ou de difficulté à se concentrer.
Les mécanismes en jeu
Le lien entre la faim et l’humeur est lié à un processus physiologique appelé intéroception, la capacité du cerveau à percevoir, interpréter et intégrer les signaux provenant de l’intérieur du corps. Lorsque la faim se manifeste, les neurones de l’hypothalamus détectent une baisse prolongée de l’énergie. Cette sensation est ensuite transmise à une petite structure du cortex cérébral, l’île, qui joue un rôle important dans la gestion des émotions.
L’étude en détail
L’étude a été menée auprès de 90 participants en bonne santé, à qui l’on a demandé de mesurer régulièrement leur glycémie tout au long de la journée, à l’aide d’un dispositif habituellement utilisé par les personnes diabétiques pour surveiller ce paramètre. Deux fois par jour, les participants devaient également indiquer via une application mobile leur niveau de satiété ou de faim, ainsi que leur humeur.
En conclusion, les chercheurs conseillent de ne pas ignorer les signaux que le corps envoie au cerveau, qui préviennent généralement à temps qu’il est nécessaire de refaire le plein d’énergie. L’activité physique, reconnue pour ses nombreux bienfaits, pourrait également contribuer à améliorer la capacité à percevoir ces signaux internes.