Publié le 11 février 2026 20h06. L’armée israélienne a annoncé la mort de Basel Haymuni, figure clé du Hamas impliquée dans un attentat suicide meurtrier survenu en 2004 à Beersheva. Cet événement intervient dans un contexte de fragilité persistante du cessez-le-feu en vigueur dans la bande de Gaza.
- L’armée israélienne et le Shin Bet ont éliminé Basel Haymuni, organisateur de l’attentat de Beersheva qui avait fait 16 morts en août 2004.
- Haymuni avait été libéré en 2011 dans le cadre d’un échange de prisonniers contre le soldat israélien Gilad Shalit, puis avait repris ses activités militaires.
- Sa mort survient alors que le cessez-le-feu à Gaza est menacé, avec plus de 400 Palestiniens tués par les frappes israéliennes depuis son entrée en vigueur.
L’élimination de Basel Haymuni, membre des Brigades Ezzeldin al-Qassam – la branche armée du Hamas – marque la fin d’un chapitre douloureux ouvert il y a plus de deux décennies. Le 31 août 2004, Haymuni avait coordonné une double attaque suicide contre deux bus circulant sur le boulevard Rager, artère principale de Beersheva. Deux kamikazes avaient fait exploser leurs charges explosives à deux minutes d’intervalle sur les lignes 6 et 12, causant la mort de 16 civils, dont un enfant de trois ans et demi, et blessant plus de 100 personnes. La violence des explosions avait rendu l’identification des victimes particulièrement difficile.
Cet attentat avait mis fin à cinq mois de calme relatif en Israël et représentait l’attaque la plus meurtrière de l’année 2004. Beersheva, jusque-là considérée comme une ville relativement sûre pendant la Seconde Intifada, avait été profondément choquée. Le Hamas avait revendiqué l’attaque en représailles à la mort de son fondateur, Ahmed Yassin, et de son successeur, Abdel Aziz Rantisi, éliminés par Israël quelques mois auparavant. Des milliers de partisans du Hamas étaient descendus dans les rues de Gaza pour célébrer après l’attentat.
Haymuni avait été arrêté et condamné à la prison pour son rôle dans la double attaque. Cependant, il avait retrouvé sa liberté en octobre 2011, dans le cadre d’un échange massif de prisonniers qui avait permis la libération du soldat israélien Gilad Shalit, enlevé en juin 2006 lors d’une incursion de commandos palestiniens à la frontière avec Gaza. En échange de Shalit, Israël avait libéré 1 027 prisonniers palestiniens, dont 280 condamnés à la prison à vie pour avoir planifié ou mené des attaques meurtrières contre des cibles israéliennes. Haymuni avait été déporté vers la bande de Gaza avec d’autres prisonniers libérés.
Selon un communiqué conjoint de l’armée israélienne et du Shin Bet, Haymuni avait repris ses activités militaires après sa libération. « Il a recommencé à recruter des assaillants et à diriger des activités terroristes », précise le communiqué. Les forces israéliennes affirment qu’il a participé à la fabrication et à la pose d’explosifs contre les troupes israéliennes pendant la guerre actuelle à Gaza.
Des médias palestiniens liés au Hamas, comme Qods, ont rapporté que Haymuni était décédé mercredi dernier lors d’une vague d’attaques israéliennes qui a fait 24 morts palestiniens dans différentes parties de la bande de Gaza. L’annonce de sa mort intervient à un moment d’extrême fragilité pour le cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre 2025.
Depuis l’entrée en vigueur de la trêve, le ministère de la Santé de Gaza (contrôlé par le Hamas) a dénombré plus de 400 Palestiniens tués par les attaques israéliennes, selon les données communiquées jusqu’à fin décembre. Le nombre total de morts depuis le début de l’offensive israélienne en octobre 2023 dépasse les 72 000 personnes. Les organisations internationales, les médiateurs régionaux et les experts des Nations Unies ont accusé à plusieurs reprises Israël de violer les termes du cessez-le-feu par des bombardements, des tirs sur des civils et des restrictions sur l’entrée de l’aide humanitaire.
Israël affirme que ses opérations répondent à des violations du cessez-le-feu par les groupes palestiniens et à la nécessité de protéger ses troupes déployées le long de la « ligne jaune », une démarcation virtuelle qui sépare les zones sous contrôle militaire israélien du reste de l’enclave. Plus de la moitié de Gaza reste sous contrôle israélien malgré les termes du cessez-le-feu, qui prévoyaient un retrait progressif des forces.
L’affaire Haymuni illustre l’une des conséquences de l’échange de 2011. Plusieurs des prisonniers libérés ont repris leurs activités militaires après leur libération. En 2014, Israël avait de nouveau arrêté plus de 50 des personnes libérées lors de l’échange Shalit lors de l’opération Brother Guardian, déclenchée après l’enlèvement et le meurtre de trois adolescents israéliens en Cisjordanie. Le Hamas avait dénoncé ces arrestations comme une violation flagrante de l’accord signé.