Publié le 22 février 2026. L’essor de l’intelligence artificielle suscite des inquiétudes quant à la dépendance qu’elle peut engendrer, même chez ceux qui en bénéficient professionnellement. Un homme atteint de TDAH, entrepreneur à succès, voit sa conjointe s’alarmer de son utilisation excessive de ChatGPT.
L’utilisation intensive de ChatGPT par un entrepreneur de 44 ans atteint de trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) inquiète sa compagne de longue date. L’IA est devenue, selon elle, un outil indispensable à son quotidien, au point de remettre en question sa capacité à penser de manière autonome.
L’homme, qui dirige sa propre entreprise, a toujours rencontré des difficultés avec les tâches administratives et routinières. L’IA a considérablement amélioré son efficacité, mais sa partenaire craint désormais qu’il ne puisse plus fonctionner sans elle. Il est un utilisateur assidu de ChatGPT, l’utilisant même pour des requêtes simples comme les horaires de train, alors que l’application Trainline serait plus précise.
Récemment, il a rejoint le 0,3 % des utilisateurs les plus actifs de ChatGPT, ce qui a renforcé les préoccupations de sa compagne. Elle s’inquiète non seulement de son autonomie intellectuelle, mais aussi de l’impact environnemental de cette utilisation massive de l’IA.
Face à cette situation, elle a sollicité l’avis du psychologue clinicien et psychanalyste, le Dr Stephen Blumenthal, ainsi que de Henry Shelford, PDG de TDAH Royaume-Uni.
Le Dr Blumenthal s’interroge sur l’émergence possible d’un « syndrome de surdépendance aux chatbots », soulignant que si l’IA peut être un outil précieux, une dépendance excessive pourrait avoir des conséquences désastreuses et entraver notre capacité à fonctionner normalement.
« L’IA peut vous emmener dans un terrier de lapin, mais elle peut également vous soutenir et vous aider à structurer vos pensées, planifier des tâches et faire avancer les choses. »
Henry Shelford, PDG de TDAH Royaume-Uni
Selon lui, les personnes atteintes de TDAH, qui ont souvent des difficultés de concentration et de planification, peuvent être particulièrement susceptibles de développer une dépendance à l’IA. « Une personne atteinte de TDAH a une capacité d’attention plus courte, des difficultés à se concentrer et une capacité réduite à planifier et à anticiper. L’IA est donc parfaitement adaptée, c’est pourquoi elle peut être si utile. L’inconvénient est qu’elle a une plus grande propension à en devenir trop dépendante. »
Henry Shelford suggère que l’IA pourrait simplement fournir une aide temporaire à un individu qui rencontre déjà des difficultés. Il souligne que l’IA peut être un outil de soutien, mais qu’il est important de comprendre les raisons qui poussent à son utilisation excessive.
Le Dr Blumenthal met en garde contre une relation excessive avec l’IA, où l’on projette des qualités humaines et des besoins de validation.
« Des problèmes surviennent lorsque votre utilisation de l’IA va au-delà de la satisfaction du problème que vous souhaitez résoudre. C’est comme si une relation avec elle avait commencé à se développer, et vous l’imprégnez de qualités humaines, une projection de nos propres souhaits et désirs de validation et de soins. »
Dr Stephen Blumenthal, psychologue clinicien et psychanalyste
Pour aborder cette situation délicate, il est conseillé d’éviter les reproches et de choisir un moment calme pour discuter avec l’intéressé. Henry Shelford recommande de l’interroger sur les bénéfices qu’il retire de l’IA et sur les besoins qu’elle comble, afin d’explorer d’éventuelles alternatives ou une utilisation plus équilibrée.
Le Dr Blumenthal insiste sur l’importance de reconnaître le problème avec compassion, en comprenant que renoncer à l’IA pourrait être perçu comme une menace. Il souligne que cet homme a déjà prouvé sa capacité à fonctionner sans l’IA et qu’il est important de l’encourager à retrouver un équilibre.
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