Publié le 2025-10-27 08:32:08. Une avancée majeure dans le traitement de tumeurs cérébrales agressives chez le chien pourrait ouvrir la voie à de nouvelles thérapies pour l’homme. Le Dr Offer Zeira, directeur de l’hôpital vétérinaire San Michele, détaille une approche innovante utilisant des cellules souches pour combattre le glioblastome, une maladie souvent fatale.
- Le glioblastome, une tumeur cérébrale dévastatrice chez le chien, ne laisse que quelques mois de vie après le diagnostic.
- Une nouvelle thérapie à base de cellules souches microfragmentées, injectées directement dans la tumeur, montre des résultats prometteurs avec une réduction significative de la masse tumorale.
- Cette technique, qui épargne les tissus sains et minimise les effets secondaires, est étudiée pour d’éventuelles applications chez l’humain.
Le Dr Offer Zeira, à la tête de l’Hôpital San Michele à Tavazzano, près de Lodi, et son équipe mènent des recherches cliniques prometteuses sur l’utilisation de cellules souches pour traiter certaines des tumeurs cérébrales les plus redoutables chez le chien. Cette médecine translationnelle suscite un vif intérêt dans la communauté scientifique internationale, en raison de ses potentielles applications humaines.
« Nous parlons spécifiquement du glioblastome, une tumeur qui affecte autant le cerveau humain que canin, avec un pronostic tout aussi funeste », explique le Dr Zeira. Chez le chien, la progression est souvent fulgurante : « En deux ou trois mois, cette tumeur mène inéluctablement à la fin de vie », précise-t-il. Son engagement dans cette recherche est d’ailleurs né d’une promesse personnelle faite à son ex-femme, décédée des suites de cette maladie.
Contrairement aux approches existantes – radiothérapie, chimiothérapie ou chirurgie – qui se sont avérées insuffisantes pour guérir ces tumeurs malignes, l’équipe du Dr Zeira propose une thérapie novatrice. Elle repose sur l’introduction de cellules souches au sein d’un tissu adipeux microfragmenté, une technique que le vétérinaire utilise depuis de nombreuses années pour diverses affections animales.
Le principe repose sur la capacité naturelle des cellules souches à réparer les tissus lésés. « La tumeur, où qu’elle se trouve, les accueille volontiers car elles l’aident à se développer. Nous avons donc eu l’idée de dissimuler une chimiothérapie capable de tuer la tumeur à l’intérieur même des cellules souches », révèle le Dr Zeira. Injectées au cœur de la tumeur, ces millions de cellules souches réalisent une intervention ciblée, épargnant les tissus sains environnants, contrairement à la chimiothérapie classique dont les effets secondaires se propagent dans tout l’organisme.
Les signes révélateurs d’un glioblastome ou d’autres gliomes peuvent inclure des crises d’épilepsie, des changements de comportement tels que la désorientation ou des mouvements compulsifs. Les bouledogues français et les boxers, à partir de 8 ans environ, semblent être des races particulièrement prédisposées, possiblement en raison de leur morphologie crânienne ou de leurs caractéristiques génétiques. « Il est crucial d’intervenir rapidement, car il n’existe à ce jour aucun autre remède curatif », souligne le Dr Zeira, insistant sur le caractère non invasif et potentiellement bénéfique de cette thérapie.
L’application de ce traitement s’effectue sous anesthésie générale. Une petite incision crânienne permet l’injection des cellules souches directement dans la masse tumorale. Les examens IRM post-traitement ont révélé des réductions tumorales spectaculaires, allant jusqu’à la moitié de la taille initiale. Ces résultats ont suscité un vif intérêt dans le milieu de la neurochirurgie humaine, menant à la publication d’un article dans une revue internationale en collaboration avec des instituts et universités spécialisés. Cette publication constitue une étape clé pour une potentielle autorisation d’utilisation chez l’homme.
Les premières données sont encourageantes : sur six chiens traités, cinq ont présenté une disparition significative de leur tumeur après une seule application.
Au-delà des tumeurs cérébrales, les cellules souches montrent également leur efficacité dans le traitement des pathologies articulaires, tant chez le chien que chez l’homme. Un chien sur cinq souffre de problèmes articulaires, affectant gravement leur mobilité et leur qualité de vie. L’injection de tissu adipeux microfragmenté dans l’articulation malade agit à double titre : elle réduit l’inflammation et la douleur grâce à ses propriétés immunomodulatrices, tout en favorisant la régénération des structures endommagées. Les bénéfices peuvent perdurer jusqu’à deux ans, s’attaquant à la racine du problème de manière non invasive.