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Jimmy Lai, ancien magnat des médias et défenseur de la démocratie, est condamné à 20 ans de prison

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Publié le 9 février 2026 20:44:00. Le magnat des médias hongkongais Jimmy Lai, figure de proue du mouvement pro-démocratie, a été condamné à 20 ans de prison pour complot avec des forces étrangères et sédition, une peine record sous la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin.

  • Jimmy Lai a été condamné à 20 ans de prison pour des crimes contre la sécurité nationale.
  • Il ne pourra théoriquement bénéficier d’une libération conditionnelle qu’après l’âge de 90 ans.
  • Six anciens employés du journal Apple Daily ont également été condamnés à des peines de prison allant de 6 ans et 9 mois à 10 ans.

La condamnation de Jimmy Lai, 78 ans, fondateur du journal Apple Daily, marque une escalade significative dans la répression des voix dissidentes à Hong Kong. Le tribunal a estimé qu’il avait utilisé son média pour appeler à des sanctions internationales contre la Chine et Hong Kong, et pour influencer des responsables politiques étrangers, notamment aux États-Unis. Ces actions, selon le jugement, constituaient une stratégie délibérée pour déstabiliser l’État.

L’affaire a suscité une vive réaction internationale. Amnesty International a dénoncé une « attaque de sang-froid contre la liberté d’expression ».

« Emprisonner un homme de 78 ans pour n’avoir rien fait d’autre que d’exercer ses droits témoigne d’un mépris total pour la dignité humaine. »

Amnesty International

La famille de Lai a exprimé sa profonde inquiétude quant à sa santé fragile, qualifiant la sentence d’« inhumaine ». Son fils, Sébastien Lai, a déclaré que cette peine équivalait à une condamnation à mort compte tenu de l’état de santé de son père.

Jimmy Lai était l’un des critiques les plus virulents du gouvernement chinois et un acteur clé des manifestations pro-démocratie de 2019. Apple Daily, son journal, était devenu une plateforme essentielle pour dénoncer l’érosion des libertés à Hong Kong. Le journal a été contraint de fermer ses portes en 2021 après des perquisitions policières et le gel de ses avoirs. Lai avait également été arrêté à deux reprises la même année pour participation à des rassemblements illégaux.

Les autorités hongkongaises et pékinoises ont défendu le verdict, affirmant qu’il ne s’agissait pas d’une atteinte à la liberté de la presse, mais d’une application nécessaire de la loi sur la sécurité nationale pour « rétablir l’ordre » après les manifestations. John Lee, le chef de l’exécutif hongkongais, ancien officier de police et chef de la sécurité, a déclaré que Lai avait « empoisonné l’esprit des citoyens, incité à la haine, déformé les faits, créé délibérément des divisions sociales, glorifié la violence et imploré ouvertement les forces extérieures de sanctionner la Chine et la région administrative spéciale de Hong Kong ».

Outre Jimmy Lai, six anciens employés d’Apple Daily ont été condamnés à des peines allant de 6 ans et 9 mois à 10 ans de prison. Le journal et ses sociétés affiliées ont également été condamnés à une amende de 6 millions de dollars de Hong Kong (environ 767 000 dollars américains).

Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont également exprimé leur inquiétude face à cette condamnation. Le Service d’action extérieure de l’Union européenne a appelé à la libération « immédiate et inconditionnelle » de Jimmy Lai, en raison de « son âge avancé et de son état de santé ». Reuters a rapporté que cette affaire suscite des inquiétudes internationales quant à la répression par Pékin des libertés et de l’autonomie de Hong Kong.

La famille de Lai craint que sa santé ne se détériore rapidement en prison. Sa fille, Claire Lai, a souligné que si la sentence est exécutée, son père « mourra comme un martyr derrière les barreaux ».

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