Une alimentation équilibrée pourrait ajouter jusqu’à trois années de vie chez les hommes, selon une étude britannique récente. Les femmes, quant à elles, bénéficient d’avantages différents, notamment grâce au régime méditerranéen.
Une étude menée par des chercheurs britanniques et publiée dans la revue Avancées scientifiques révèle un lien significatif entre les habitudes alimentaires et l’espérance de vie. L’analyse, basée sur les données de la UK Biobank, a suivi 103 649 hommes et femmes d’un âge moyen de 58,3 ans pendant plus de dix ans, et a révélé que les personnes adoptant les régimes les plus sains avaient un risque de décès réduit de 18 à 24 %.
Le régime axé sur la réduction du risque de diabète (DRRD) s’est avéré le plus efficace, diminuant le risque de décès de 24 % chez les participants ayant les meilleures habitudes alimentaires. Le régime méditerranéen, un régime à base de plantes et le régime DASH ont également démontré des effets bénéfiques notables.
L’impact de l’alimentation varie selon le sexe. Chez les hommes de plus de 45 ans, une adhésion stricte au DRRD est associée à une espérance de vie supplémentaire de près de trois ans (36,7 années supplémentaires, soit un âge moyen de 81,7 ans), comparativement à ceux ayant une alimentation moins saine (33,6 années supplémentaires, soit un âge moyen de 78,6 ans). Les facteurs clés pour les hommes incluent une consommation élevée de fibres, une consommation régulière de café, une faible proportion de graisses trans, l’évitement des boissons sucrées et une consommation réduite de viande rouge et transformée. L’étude souligne que la consommation de fibres est particulièrement corrélée à une meilleure santé.
Pour les femmes, le régime méditerranéen semble offrir les avantages les plus importants. Une femme de 45 ans suivant un régime méditerranéen rigoureux pourrait espérer vivre 39,4 années supplémentaires, atteignant un âge moyen de 84,4 ans, contre 82,1 ans pour celles ayant les moins bonnes habitudes alimentaires, soit une différence d’environ 2,3 ans. Les aliments particulièrement bénéfiques pour les femmes comprennent les produits à grains entiers, les légumes et légumineuses, le poisson, les produits laitiers et une consommation modérée d’alcool (jusqu’à un petit à moyen verre de vin par jour).
Les chercheurs ont également pris en compte les facteurs génétiques, en créant un score polygénétique basé sur 19 variantes génétiques. Bien que les personnes ayant une prédisposition génétique favorable aient un risque de décès inférieur de 15 %, l’étude confirme que les bienfaits d’une alimentation saine sont indépendants des prédispositions génétiques. « Nos résultats mettent en évidence l’importance d’adhérer à des habitudes alimentaires saines pour prolonger l’espérance de vie », affirment les auteurs.
L’étude met en évidence les boissons sucrées comme un facteur de risque majeur, étant associées à un risque accru de décès dans toutes les analyses. De plus, les personnes issues de milieux socio-économiques défavorisés et les fumeurs semblent particulièrement bénéficier d’une alimentation saine. Ces résultats restent constants quel que soit l’âge des participants (45, 50 ou 60 ans).