Publié le 09 octobre 2025. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, est en visite officielle en Inde, rencontrant son homologue Narendra Modi à Mumbai. Cette première visite diplomatique s’accompagne d’une importante délégation commerciale, visant à renforcer les liens économiques et culturels entre les deux nations.
- Le Royaume-Uni annonce l’ouverture de nouveaux campus universitaires en Inde, un projet estimé à 50 millions de livres sterling.
- Trois films de Bollywood seront tournés au Royaume-Uni à partir de 2026, mettant fin à une interruption de huit ans dans la production conjointe.
- Un accord commercial historique, signé en juillet, prévoit une réduction significative des droits de douane entre les deux pays.
Sir Keir Starmer a été accueilli chaleureusement à Mumbai, où des milliers de bannières ornaient les rues. Sa rencontre avec le Premier ministre indien Narendra Modi, qualifiée d' »historique », intervient dans un contexte de consolidation des relations bilatérales suite à la signature récente d’un accord commercial. Ce dernier devrait, à terme, augmenter le PIB britannique de 4,8 milliards de livres sterling par an et stimuler les échanges de 25,5 milliards de livres sterling supplémentaires annuellement d’ici 2040.
Au cours de cette visite de deux jours, Keir Starmer dirige une délégation composée de plus de 100 PDG, entrepreneurs, recteurs d’université et figures culturelles. Parmi les annonces marquantes figurent l’approbation de nouveaux campus pour l’Université de Lancaster et l’Université de Surrey, ainsi que la confirmation que d’autres universités britanniques, dont celles d’York, d’Aberdeen et de Queen’s Belfast, devraient suivre dès l’année prochaine. Ces initiatives visent à offrir une éducation britannique de qualité à davantage d’étudiants indiens, tout en stimulant l’économie britannique et en soutenant l’emploi.
Le Premier ministre britannique a également abordé la question de l’identification numérique. Il s’est entretenu avec Nandan Nilekani, le créateur du système d’identification numérique indien, dans la perspective d’une possible introduction d’un tel dispositif au Royaume-Uni pour les travailleurs. Cette proposition, qui suscite déjà une forte opposition avec plus de 2,8 millions de signatures sur une pétition, est défendue par le gouvernement comme un moyen de lutter contre le travail illégal.
Sur le plan culturel, la collaboration cinématographique sera relancée avec la production de trois films de Bollywood au Royaume-Uni par Yash Raj Films, débutant en 2026. Cette annonce met fin à une pause de huit ans dans les coproductions.
L’accord commercial entre le Royaume-Uni et l’Inde, bien qu’encore non pleinement opérationnel, aurait déjà généré 1 milliard de livres sterling d’investissements et près de 7 000 emplois au Royaume-Uni. Il prévoit notamment une réduction des droits de douane indiens sur les produits britanniques, passant de 15 % à 3 % en moyenne. Parallèlement, le Royaume-Uni diminuera ses taxes sur des produits indiens tels que les vêtements, les bijoux et les fruits de mer, tandis que l’Inde réduira ses taxes sur le whisky écossais, les cosmétiques et les automobiles de luxe britanniques. L’an dernier, les échanges commerciaux bilatéraux s’élevaient à 42,6 milliards de livres sterling.
Avant son arrivée en Inde, Sir Keir Starmer avait précisé que le Royaume-Uni n’assouplirait pas les règles de visa pour les citoyens indiens, tout en soulignant les « opportunités massives » d’amélioration des relations commerciales et culturelles. Cette visite intervient dans un contexte diplomatique complexe, marqué par des tensions entre l’Inde et les États-Unis concernant les droits de douane imposés par Washington, notamment sur l’achat de pétrole russe par l’Inde.