Deux députés chiliens, Henry Leal et Gustavo Benavente, proposeront une mesure pour reporter le versement des pensions aux anciens présidents à partir de 65 ans. Cette initiative vise à équilibrer les dépenses publiques face à la situation économique du pays.
Alors que l’élaboration de la Loi de Finances 2026 bat son plein, les députés Henry Leal et Gustavo Benavente (UDI) ont annoncé leur intention de déposer une modification législative visant à différer le versement des pensions et des allocations opérationnelles accordées aux anciens présidents. L’objectif est de faire coïncider le droit à ces prestations avec l’âge légal de la retraite au Chili, soit 65 ans.
Cette démarche intervient après le rejet, à la mi-septembre, d’un projet de loi similaire qui n’avait pas obtenu le quorum nécessaire. Les parlementaires entendent toutefois réintroduire plusieurs des dispositions de cette proposition initiale dans le cadre du budget 2026. Parmi les points clés figure le versement des indemnités journalières conditionné par l’âge de départ à la retraite en vigueur au Chili.
La Loi de Finances 2026 devant être impérativement approuvée avant le 30 novembre, les députés Leal et Benavente travaillent activement à rassembler le soutien nécessaire. Ils ont indiqué avoir engagé des discussions avec des représentants de différents bords politiques, y compris au sein de la majorité présidentielle, afin de garantir l’adoption de leur amendement.
« Étant donné le contexte économique et le travail que nous menons actuellement, il est absolument injuste et même imprudent qu’un ancien président, quel que soit son affiliation politique, puisse bénéficier d’une pension à vie avant l’âge de 60 ou 65 ans, qui est l’âge légal de la retraite au Chili », ont-ils déclaré. Ils précisent que cette proposition ne vise pas à remettre en cause le principe de reconnaissance pour l’exercice de la plus haute fonction du pays, mais plutôt à aligner les conditions de retraite des anciens dirigeants sur celles de l’ensemble des citoyens.
« Il ne nous semble pas juste que, alors que les femmes ne peuvent prendre leur retraite qu’à 60 ans et les hommes à 65 ans, un ancien président puisse le faire bien plus tôt et, en outre, avec des ressources qui appartiennent à tous les Chiliens », ont-ils ajouté.
L’amendement proposé stipulerait que durant l’année 2026, seuls les anciens dirigeants âgés de 65 ans ou plus pourraient prétendre à cette pension. Si cette mesure temporaire était adoptée, les députés entendent néanmoins réintroduire en septembre prochain le projet de loi initial afin de le rendre pérenne.
D’autres dispositions sont également envisagées. Notamment, la suspension de la pension dans le cas où un ancien président cumulait d’autres revenus, qu’ils proviennent du secteur privé ou public.
Les deux parlementaires ont ainsi lancé un appel à toutes les forces politiques, y compris une partie de la coalition au pouvoir, à soutenir cette initiative qu’ils qualifient non seulement « d’acte de justice pour tous les Chiliens », mais aussi de « mesure cohérente avec la situation économique actuelle ».
« Il ne s’agit pas seulement d’exclure l’actuel président Gabriel Boric, qui percevrait pour l’instant une pension à vie à 40 ans, mais aussi tous ceux qui, à l’avenir, termineront leur mandat à 65 ans ou moins », ont-ils réaffirmé. Ils ont rappelé avoir déjà œuvré, au sein de la Commission Constitutionnelle, à l’élimination des dotations accordées sans distinction à tous les anciens dirigeants, et estiment qu’il est désormais nécessaire de fixer un âge minimum, d’abord dans la Loi de Finances, puis dans une loi permanente.