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la carte de la santé mentale

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Publié le 26 octobre 2024 06:30:00. La santé mentale à Parme révèle une tendance préoccupante à la hausse des prises en charge et des hospitalisations, signalant un mal-être croissant dans la population, comme l’indiquent les données récentes du Département de Santé Mentale.

  • Plus de 320 hospitalisations psychiatriques enregistrées en 2024, soit une augmentation de 14 % par rapport à l’année précédente.
  • Plus de 5 200 adultes pris en charge par les services de santé mentale, avec une hausse notable des demandes.
  • Un chiffre alarmant de 35 suicides recensés en 2024, soit près de trois par mois, majoritairement chez les hommes.

Les chiffres communiqués par le Département de Santé Mentale de Parme, émanant de la Régie Sanitaire locale, dressent un portrait préoccupant de la santé psychique des habitants. Pietro Pellegrini, figure reconnue en psychiatrie parmesane et directeur du Département Intégré d’Assistance en Santé Mentale et Addictions Pathologiques, éclaire cette situation complexe.

« La tendance de ces dernières années a été une augmentation constante du nombre de personnes prises en charge dans le secteur de la santé mentale pour adultes. Entre 2022 et 2023, le nombre de personnes ayant eu des contacts avec des centres de santé mentale a augmenté de 9,6 % : de 7 843 à 8 599. En 2024, ce chiffre a encore augmenté. »

Dr. Pietro Pellegrini, directeur du Département Intégré d’Assistance en Santé Mentale et Addictions Pathologiques de la Régie Sanitaire de Parme

Concrètement, en 2024, le service de Diagnostic et Traitement Psychiatrique a comptabilisé plus de 320 hospitalisations, marquant une hausse de plus de 14 % par rapport à 2023. Les Traitements de Santé Obligatoires (TSO) ont également connu une légère augmentation, passant de 101 en 2023 à 106 cette année. Au total, plus de 5 200 adultes ont bénéficié des services de santé mentale.

Le Docteur Pellegrini met en lumière plusieurs facteurs explicatifs. Il évoque la souffrance des jeunes, confrontés à la nécessité de redéfinir leur sens et leur avenir, ainsi qu’une anxiété accrue face aux enjeux planétaires. L’évolution du tissu familial, avec une proportion croissante de ménages unipersonnels, pose de nouveaux défis aux systèmes de protection sociale traditionnels. Parallèlement, le vieillissement de la population (plus de 25 % de plus de 65 ans, contre 12 % dans les années 1980) est corrélé à une augmentation de la solitude, facteur de déclin cognitif et de dépression.

Les troubles alimentaires constituent un autre sujet de préoccupation majeure. L’Italie compte trois millions de personnes concernées, et le Dr. Pellegrini annonce la création prochaine d’une « Casa Faro », un service de jour spécialisé. Les urgences pédiatriques ont vu une augmentation significative des mineurs se présentant pour ces troubles : 448 cas en 2023, dont 28 % de mineurs, contre environ 330 en 2021. Cette tendance à la hausse s’observe également pour la dépression, qui touche majoritairement la population féminine.

Le sujet des suicides est particulièrement douloureux. En 2024, 35 décès par suicide ont été recensés à Parme, soit en moyenne trois par mois. Parmi eux, sept personnes étaient suivies par le Département de Santé Mentale. Cette triste réalité touche majoritairement les hommes, représentant 25 des 35 cas en 2024. Il est précisé que le phénomène des suicides dans la population générale ne peut être attribué exclusivement à des troubles mentaux, mais résulte d’un faisceau complexe de raisons sanitaires, familiales, sociales et économiques.

Les TSO ont connu une augmentation post-Covid. Par ailleurs, la demande de prise en charge pour les troubles alimentaires et les troubles du spectre autistique est en hausse, ces derniers touchant particulièrement les mineurs et les femmes (un ratio de neuf pour une). Les données globales indiquent que plus de 17 600 personnes ont reçu au moins un service du Département de Santé Mentale et de Toxicomanie Pathologique (DAISM-DP) en 2024, contre 17 081 en 2023. On observe une prédominance masculine dans l’ensemble, mais des variations notables chez les femmes selon les spécialités.

La proportion de personnes de nationalité étrangère bénéficiant de ces services s’élevait à 3 219 en 2024 (18%), stable par rapport à 2023. La majorité est masculine (61%), avec un âge moyen de 23 ans, significativement inférieur à celui des Italiens (37 ans). Ces usagers sont davantage orientés vers les Troubles Neuropsychiatriques de l’Enfant et de l’Adolescent (NPIA).

Pour la prise en charge de la santé globale, y compris mentale, les pédiatres et médecins généralistes sont le premier recours. L’intégration future d’infirmières en santé familiale et communautaire devrait renforcer les soins à domicile face à l’augmentation des polypathologies et de la chronicité.

Concernant les Centres de Santé Mentale (CSM) pour adultes, 1,4 % de la population adulte de Parme et sa province a participé à un projet thérapeutique en 2024, soit 5 271 patients. Ce chiffre représente une hausse de 18 % par rapport à l’année précédente. La prédominance féminine est notable dans la plupart des tranches d’âge, sauf entre 30 et 39 ans.

Les diagnostics psychiatriques les plus fréquents en 2024 sont la schizophrénie et troubles apparentés (24,5 %), suivis par le trouble bipolaire (17,1 %) et les troubles de la personnalité (14 %). Les femmes sont particulièrement représentées dans les troubles alimentaires (94 %) et dépressifs (66,7 %), tandis que les hommes dominent dans les troubles liés à l’usage de substances (68 %) et les troubles globaux du développement. Les patients étrangers présentent une prévalence plus élevée de troubles liés à l’usage de substances et de troubles comportementaux et émotionnels par rapport à la population italienne.

En 2024, le nombre d’hospitalisations psychiatriques a connu une forte augmentation (+14,2 %), revenant à des niveaux proches de la période pré-Covid. Une légère hausse des TSO et des contentions mécaniques dans les services de psychiatrie (SPDC) est observée, ce qui fait l’objet d’audits spécifiques et d’actions visant à réduire ces mesures. Le taux de réadmission à court terme reste bas (2,95 %), bien en deçà de la norme nationale. Le nombre total de consultations a également augmenté, avec une progression significative des consultations pour les patients mineurs.

Le phénomène des suicides est multifactoriel. Après une tendance à la baisse, une légère augmentation a été observée ces trois dernières années. Les données du DAISM-DP montrent une diminution des décès par suicide parmi les patients suivis, se situant dans la moyenne des dix dernières années.

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