Publié le 2025-10-27 15:12:00. La Chine a franchi une étape majeure dans l’innovation technologique avec l’inauguration de la première phase de son centre de données sous-marin, alimenté intégralement par énergie éolienne. Ce projet novateur, implanté dans la zone spéciale de Lin-gang à Shanghai, vise à répondre à la demande croissante en puissance de calcul pour l’intelligence artificielle tout en établissant un modèle d’infrastructure numérique durable.
- Première phase d’un centre de données sous-marin, alimenté par énergie éolienne, opérationnelle en Chine.
- Un investissement de 226 millions de dollars pour une capacité initiale de 24 mégawatts.
- Objectif : réduire significativement la consommation énergétique liée au refroidissement des infrastructures numériques.
Le projet, fruit d’un investissement de 226 millions de dollars américains, débute avec une capacité de 24 mégawatts. Il exploite la fraîcheur de l’océan comme système de refroidissement naturel et s’appuie sur l’énergie éolienne offshore pour son alimentation électrique propre. Cette initiative s’inscrit dans un plan plus vaste qui pourrait atteindre 500 mégawatts, redéfinissant potentiellement la gestion de la puissance de calcul en Chine.
Le principal défi des centres de données terrestres réside dans leur consommation énergétique pour le refroidissement, qui peut représenter plus de 40 % de leur usage total. Le concept de Shanghai adresse cette problématique en immergeant l’infrastructure, permettant ainsi à l’eau de mer de jouer le rôle de réfrigérant naturel. Cette approche devrait réduire la part du refroidissement à moins de 10 % de la consommation globale.
Grâce à cette conception innovante, le projet atteint un indice d’efficacité énergétique (PUE) de 1,15, l’un des plus bas du secteur. Il élimine par ailleurs le recours à l’eau douce pour la climatisation, diminue la consommation d’énergie d’environ 23 % et valorise plus de 95 % de l’électricité produite par les éoliennes. Ces avancées minimisent ainsi l’impact environnemental et foncier de ces infrastructures gourmandes en ressources.
Le centre de données sous-marin de Lin-gang s’aligne sur la stratégie chinoise visant à fusionner trois secteurs clés : l’économie numérique, les énergies renouvelables et l’exploitation durable de l’espace marin. Shanghai ambitionne ainsi de devenir un pôle mondial d’innovation technologique et de développer une industrie du cloud computing dont la valeur dépasserait les 200 milliards de yuans (environ 27,5 milliards de dollars) d’ici 2027.
Cette démarche renforce la politique chinoise d’« informatique côtière », qui vise à tirer parti des ressources éoliennes de la mer de Chine orientale – offrant plus de 3 000 heures d’énergie éolienne exploitable par an. L’objectif est de coordonner la production d’électricité avec la demande de traitement de données, représentant une étape décisive vers une infrastructure d’intelligence artificielle plus efficiente et moins dépendante des ressources terrestres.