Un récent examen de l’utilisation de FHIR soulève des inquiétudes quant à la prolifération des profils, au détriment de la réutilisation et de l’interopérabilité à grande échelle. Cette tendance, qualifiée de « trop de profils, pas assez de réutilisation », suscite l’accord et l’inquiétude de plusieurs acteurs du domaine.
Le concept de profilage, initié il y a un quart de siècle par l’IHE (Integrating the Healthcare Enterprise), reposait à l’origine sur une collaboration étroite entre les fournisseurs de solutions et les utilisateurs finaux. L’objectif était de définir des besoins concrets, basés sur des cas d’usage précis et axés sur l’obtention de résultats tangibles, afin de surmonter les obstacles existants. Les utilisateurs s’engageaient à acquérir les solutions proposées si les fournisseurs parvenaient à répondre à ces exigences. L’économie de ce modèle, largement portée par le succès, a favorisé son adoption.
Cependant, le paysage actuel semble s’éloigner de cette approche collaborative. Si le principe de définition de profils reste pertinent, la manière dont il est mis en œuvre aujourd’hui pose question. Le succès observé dans certains contextes nationaux ne se transpose pas uniformément à l’échelle mondiale. En l’absence d’une orientation globale claire, les solutions tendent à rester régionales, chaque région développant ses propres spécificités et approches, ce qui conduit à une fragmentation plutôt qu’à une harmonisation.
Cette prolifération de profils, sans une stratégie de réutilisation systématique, risque de freiner l’innovation et de compliquer l’interopérabilité à long terme. L’enjeu est de retrouver un équilibre entre la spécificité nécessaire pour répondre à des besoins locaux et la standardisation essentielle pour construire un écosystème de santé connecté et performant à l’échelle mondiale.