Publié le 9 février 2026. Une étude de l’Université d’Helsinki révèle que la présence d’une molécule spécifique, le CMH de classe II, dans les cellules cancéreuses de l’ovaire est associée à une meilleure réponse à l’immunothérapie et à une survie prolongée des patientes.
- Les tumeurs présentant des niveaux élevés de CMH de classe II suscitent une réponse immunitaire plus forte.
- Cette découverte pourrait permettre de mieux prédire l’efficacité de l’immunothérapie chez les patientes atteintes du cancer de l’ovaire.
- L’étude identifie une zone clé au niveau de la tumeur où le système immunitaire tente de combattre la maladie.
Des chercheurs de l’Université d’Helsinki ont mis en lumière un mécanisme crucial qui explique pourquoi certaines femmes atteintes du cancer de l’ovaire, en particulier de la forme la plus agressive, bénéficient davantage des traitements que d’autres. Leur travail, basé sur l’analyse approfondie de plus de 280 échantillons de tissus cancéreux, suggère que la présence d’une molécule appelée CMH de classe II sur les cellules tumorales joue un rôle déterminant dans la capacité du système immunitaire à combattre la maladie.
L’étude a révélé que les patientes dont les tumeurs exprimaient des niveaux élevés de CMH de classe II présentaient une réponse immunitaire plus robuste et une durée de survie plus longue. Les chercheurs ont observé que les cellules immunitaires tendaient à s’accumuler au niveau de la frontière entre la tumeur et les tissus sains, une zone où le système immunitaire tente activement de freiner la progression du cancer.
« Nous avons pu créer des cartes détaillées de plus de 1 000 tissus cancéreux de l’ovaire, en zoomant sur les cellules individuelles et sur leur disposition. Cette approche d’imagerie puissante a montré que le système immunitaire réagissait déjà – nous ne savions tout simplement pas comment le voir auparavant. »
Anniina Färkkilä, chercheuse principale de l’étude, spécialiste en gynécologie, Université d’Helsinki
Le CMH de classe II est normalement utilisé par les cellules immunitaires pour signaler la présence de menaces à l’organisme. La découverte que certaines cellules cancéreuses expriment également cette molécule est surprenante et ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques. Les expériences en laboratoire ont confirmé que les cellules immunitaires étaient plus efficaces pour attaquer les tumeurs porteuses de CMH de classe II, en particulier après une immunothérapie.
En bloquant le signal du CMH de classe II, les chercheurs ont constaté une diminution de la réponse immunitaire, ce qui suggère que cette molécule pourrait servir de marqueur prédictif de la réponse à l’immunothérapie. Il serait donc possible de sélectionner les patientes les plus susceptibles de bénéficier de ce type de traitement en fonction de la présence de CMH de classe II dans leurs tumeurs. De plus, stimuler l’expression du CMH de classe II pourrait améliorer l’efficacité de l’immunothérapie chez les patientes qui ne l’expriment pas naturellement.
« Nous avons été surpris de voir des cellules cancéreuses utiliser un signal normalement réservé au système immunitaire », a déclaré Anniina Färkkilä. « Ce marqueur nous aide à comprendre pourquoi le système immunitaire de certaines patientes reconnaît et combat plus efficacement leurs tumeurs, et il nous ouvre la voie à de meilleurs traitements par immunothérapie pour le cancer de l’ovaire. »
Les résultats de cette étude, publiés dans Cancer Discovery le 9 février 2026, soulignent l’importance d’exploiter le potentiel du système immunitaire pour lutter contre le cancer de l’ovaire et de développer des approches thérapeutiques plus personnalisées. Lien vers l’article original.
Source:
Référence du journal :
Pérez-Villatoro, F., et al. (2026). L’atlas spatial unicellulaire du cancer séreux de l’ovaire de haut grade révèle le CMH de classe II comme un prédicteur clé des écosystèmes tumoraux spatiaux et des résultats cliniques. Cancer Discovery. DOI : 10.1158/2159-8290.cd-25-1492.