Publié le 6 février 2026 à 12h31. La Commission européenne tire la sonnette d’alarme concernant TikTok, estimant que la plateforme est conçue pour créer une dépendance chez ses utilisateurs, en particulier les mineurs, et pourrait ainsi violer les règles européennes.
- TikTok est accusé de manipuler son algorithme pour retenir l’attention des utilisateurs de manière compulsive.
- La Commission européenne pourrait infliger à TikTok une amende pouvant atteindre 6 % de son chiffre d’affaires annuel.
- Cette enquête s’inscrit dans le cadre de la loi sur les services numériques (DSA), qui impose des obligations strictes aux plateformes en ligne.
La Commission européenne a ouvert une enquête sur TikTok en février 2024, et a désormais formulé des conclusions provisoires alarmantes. Selon Bruxelles, l’application chinoise utilise des mécanismes addictifs pour maintenir les utilisateurs connectés le plus longtemps possible. L’algorithme de TikTok est conçu pour proposer un flux de vidéos infini, adaptées aux préférences de chaque utilisateur, rendant la déconnexion difficile.
L’application utilise également des notifications push pour inciter les utilisateurs à revenir, et diffuse automatiquement de nouvelles vidéos dès qu’ils cliquent sur ces notifications. La Commission estime que ces pratiques conduisent à une utilisation compulsive du service, potentiellement préjudiciable à la santé mentale et physique, en particulier chez les jeunes.
À titre d’exemple, la Commission cite le fait que TikTok encourage l’utilisation tardive de l’application, au détriment du sommeil des mineurs. L’entreprise est consciente de ce risque, mais continue de proposer un service conçu pour créer une dépendance. Selon la Commission, TikTok n’a pas suffisamment évalué et atténué ces dangers.
TikTok a réagi à ces accusations préliminaires, affirmant qu’elle contestera les conclusions de la Commission européenne « par tous les moyens possibles ». L’entreprise estime que la Commission présente « un tableau incorrect et infondé » de la plateforme.
Si les reproches de la Commission sont confirmés, TikTok pourrait se voir infliger une amende colossale, pouvant atteindre 6 % de son chiffre d’affaires annuel mondial, soit plusieurs milliards d’euros. L’entreprise pourrait également être contrainte de modifier ses pratiques.
Cette enquête s’inscrit dans le cadre de la loi sur les services numériques (DSA), une législation européenne entrée en vigueur en 2022, qui impose des obligations strictes aux plateformes en ligne en matière de protection des utilisateurs et de lutte contre les contenus illégaux. La DSA est plus contraignante que les réglementations en vigueur aux États-Unis.
TikTok n’est pas la seule plateforme à être visée par la Commission européenne. Meta, la société mère de Facebook, et X (anciennement Twitter) font également l’objet d’enquêtes. X a déjà été condamnée à une amende d’environ 120 millions d’euros à la fin de l’année dernière.