La nomination de Mercedes Zarzalejo au poste de conseillère à l’Éducation de la Communauté de Madrid suscite des interrogations sur l’expérience académique affichée par la nouvelle ministre, alors que son prédécesseur était critiqué pour son jeune âge et son manque de terrain dans le secteur.
Le service de presse de la Communauté de Madrid a mis en avant le curriculum vitae de Mercedes Zarzalejo, accessible sur le Portail de Transparence, en réponse aux questions des journalistes. Le communiqué de presse initial, diffusé lundi lors de sa nomination, décrit la conseillère comme détentrice d’un doctorat en droit, diplômée de l’Université Complutense et titulaire d’un diplôme de l’Université Carlos III de Madrid. Cependant, ce dernier point nécessite une clarification : il s’agit en réalité d’un diplôme d’études supérieures en droit du travail et de la sécurité sociale, une qualification obtenue avant la mise en place du Plan de Bologne et aujourd’hui disparue. Cette étape était une condition préalable à l’exercice de la médecine par la nouvelle ministre.
Les recteurs des universités madrilènes semblent plus favorables à la nomination de Mercedes Zarzalejo qu’à celle de son prédécesseur, Emilio Viciana, estimant qu’elle possède une compréhension des principes fondamentaux de la gestion universitaire en tant que médecin et potentiellement, ancienne enseignante.
Le communiqué de presse mentionne également que la conseillère a « travaillé comme professeure et chercheuse dans plusieurs universités, avec des séjours dans des centres universitaires européens ». Or, l’examen de son curriculum vitae de 16 pages, daté de 2024, révèle un seul séjour européen : sept mois à l’Université de Sienne (Italie) en 2006, durant sa période de doctorat. Le ministère n’a pas confirmé l’existence d’autres séjours internationaux malgré les demandes de vérification.
La liste des « plusieurs universités » se limite en réalité à trois établissements. Entre 1998 et 2006, Mercedes Zarzalejo a bénéficié de bourses à l’Université européenne et à l’Université Carlos III. Elle a également été professeure associée à l’Université de Cordoue pendant quatre mois, où elle a soutenu sa thèse en 2008, après avoir commencé à y enseigner à temps plein en 2003.
Avant son entrée au gouvernement régional, Mercedes Zarzalejo a été maire de San Martín de Valdeiglesias entre 2019 et 2023, puis a rejoint l’Assemblée de Madrid, où elle s’est distinguée lors de la commission d’enquête sur Begoña Gómez. Elle a été nommée vice-conseillère en octobre dernier.
Une recherche dans Dialnet, un important portail bibliographique, révèle seulement trois articles de recherche signés individuellement par Mercedes Zarzalejo, tous publiés dans la Revue du Travail et de la Sécurité Sociale et dans les publications du CEF (Centre d’Etudes Financières), une académie spécialisée dans la préparation aux concours. Ces publications ne sont indexées ni dans Scopus, ni dans Web of Science, les deux principales bases de données mondiales, ce qui limite leur visibilité et leur impact.
Par ailleurs, trois ouvrages répertoriés dans Dialnet ont été publiés grâce à un service d’édition assistée par ordinateur proposé par Don Folio, une entreprise basée à Cordoue. Ce service, payant, assure l’impression du document et son enregistrement avec un ISBN. Le curriculum vitae de la conseillère, qui compte 16 pages, ne mentionne pas l’utilisation de Don Folio, mais inclut jusqu’à 13 ouvrages scientifiques, dont certains sont des travaux collectifs.
Le communiqué de presse accorde une attention limitée à deux certifications importantes pour une conseillère en charge de l’éducation artistique à Madrid. Mercedes Zarzalejo est titulaire d’un diplôme d’études de danse espagnole du Conservatoire Royal de Danse de Madrid et d’un diplôme de ballet classique de la Royal Academy of Dance de Londres. Ce dernier établissement, de grande renommée, a pu certifier son niveau après un examen, sans que la conseillère y ait nécessairement suivi des cours, car elle étudiait le droit à la Complutense en 1998.