Le moral des ménages américains au plus bas : inflation, fermetures et endettement pèsent sur le portefeuille
L’indice de confiance des consommateurs aux États-Unis a plongé à son niveau le plus bas depuis plus de trois ans, approchant un plancher historique. Cette chute s’explique par une inquiétude croissante des ménages face aux conséquences économiques des récentes fermetures gouvernementales, alors que la hausse des coûts de l’épicerie, du logement et des services publics met à rude épreuve les budgets, en particulier ceux des foyers à faibles revenus.
La lecture préliminaire de l’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan pour novembre s’est établie à 50,3 points. Ce chiffre est nettement inférieur aux 53,2 points attendus par les économistes interrogés par LSEG. Il s’agit du niveau de confiance le plus bas depuis juin 2022, une période marquée par le pic d’inflation des quatre dernières décennies dans l’économie américaine.
« La confiance des consommateurs a chuté d’environ 6 % en novembre, principalement en raison d’une détérioration de 17 % de la perception des finances personnelles actuelles et d’un recul de 11 % des conditions commerciales anticipées pour l’année à venir », a détaillé Joanne Hsu, directrice des enquêtes auprès des consommateurs à l’Université du Michigan. « Avec la fermeture du gouvernement fédéral, qui dure depuis plus d’un mois, les consommateurs expriment désormais leurs inquiétudes quant aux répercussions économiques négatives potentielles. »
Cette érosion du moral est un phénomène généralisé, touchant tous les segments de la population, indépendamment de l’âge, du revenu ou de l’affiliation politique. Une exception notable a été observée parmi les consommateurs détenant le portefeuille d’actions le plus important, dont le sentiment a connu une hausse significative de 11 %, portée par la vigueur persistante des marchés boursiers.
Par ailleurs, les anticipations d’inflation à court terme ont légèrement augmenté, passant de 4,6 % le mois précédent à 4,7 % dans les relevés préliminaires de novembre. Ces chiffres restent cependant bien en deçà des niveaux enregistrés en mai, suite aux premières annonces tarifaires de l’administration Trump. Sur le plus long terme, les attentes d’inflation sont redescendues de 3,9 % le mois dernier à 3,6 % en novembre, se situant ainsi en dessous du point médian entre les chiffres observés un an plus tôt et le pic atteint en avril 2025.
L’inflation montre une tendance haussière ces derniers mois, les droits de douane entraînant une augmentation des coûts pour les entreprises, qui se répercutent sur les consommateurs. L’indice des prix à la consommation de septembre a révélé une inflation atteignant 3 % pour la première fois depuis février, un niveau bien supérieur à l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale.
Dans ce contexte, la dette des ménages américains a atteint un nouveau record, selon la Banque de Réserve fédérale de New York. Ces pressions économiques interviennent alors que la Réserve fédérale, par la voix de son président Jerome Powell, a indiqué que les futures baisses de taux dépendraient des données économiques et qu’une réduction des taux en décembre n’était pas garantie. M. Powell a souligné l’importance de maintenir les attentes d’inflation à long terme « bien ancrées » près de l’objectif de la Fed.
Les entretiens ayant servi à l’élaboration de ce rapport se sont achevés avant les élections tenues le mardi précédent. Les résultats définitifs de l’indice de confiance des consommateurs pour novembre seront publiés le 21 novembre.