La Cour suprême des États-Unis a porté un coup dur à la politique commerciale de l’ancien président Donald Trump en invalidant, ce vendredi, les droits de douane qu’il avait imposés sur une vaste gamme de produits importés. Cette décision pourrait avoir des répercussions significatives sur les chaînes d’approvisionnement et les prix à la consommation.
Par six voix contre trois, les juges ont estimé que la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux (IEEPA), invoquée par l’administration Trump pour justifier ces tarifs, ne donnait pas au président le pouvoir d’imposer de tels droits de douane. Le juge en chef John Roberts a rendu l’opinion de la majorité, tandis que les juges Clarence Thomas, Samuel Alito et Brett Kavanaugh ont émis des avis dissidents.
L’affaire a été portée devant la Cour suprême par deux entreprises : Learning Resources Inc., un fabricant de jouets éducatifs, et VOS Selections Inc., un importateur de vins et de spiritueux. Elles contestaient la légalité des droits de douane imposés dans le cadre de l’initiative dite du « Jour de la Libération », lancée par Trump en avril 2025.
En réaction à cette décision, Donald Trump a annoncé qu’il imposerait un tarif mondial de 10 % « au-dessus de nos tarifs normaux déjà facturés », en vertu de l’article 122. Il a défendu sa politique tarifaire, affirmant que les États-Unis étaient devenus « le roi des visites » grâce à un déséquilibre commercial.
« C’est la vie ou la mort pour les États-Unis », avait déclaré Trump à propos de ces affaires, qu’il considérait comme cruciales pour l’avenir économique du pays. La Cour suprême devait déterminer les limites des pouvoirs du président en matière de refonte de la politique commerciale américaine.
Les droits de douane, qui fonctionnent comme une taxe sur les importations, ont connu une augmentation spectaculaire depuis le retour de Trump au pouvoir. Ils sont passés de 9,6 milliards de dollars en mars à 23,9 milliards de dollars en mai, atteignant 215,2 milliards de dollars pour l’exercice 2025, qui s’est terminé le 30 septembre. En janvier dernier, les droits de douane ont totalisé 30,4 milliards de dollars, soit une augmentation de 275 % par rapport à l’année précédente. Au total, les recettes douanières ont augmenté d’environ 300 % depuis le retour de Trump à la présidence.
L’administration Trump avait promis d’utiliser les revenus générés par ces droits de douane pour financer des priorités nationales, réduire la dette publique et même verser un dividende de 2 000 dollars (environ 1 900 euros) aux Américains. Cependant, avec une dette fédérale dépassant les 38 000 milliards de dollars, ces recettes douanières ne représentent qu’une fraction infime du problème.
L’impact de ces droits de douane sur l’économie reste un sujet de débat. Les importateurs américains absorbent souvent le coût initial, qui est ensuite répercuté sur les prix des grossistes, des détaillants et, finalement, des consommateurs. Cela pourrait entraîner une augmentation des coûts pour une large gamme de biens, de l’électronique aux matières premières. L’accessibilité financière étant une préoccupation majeure pour les électeurs, cette question pourrait avoir des conséquences politiques importantes.