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La CPI rejette la demande de libération provisoire de Duterte

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Publié le 10 octobre 2025. La Cour pénale internationale (CPI) a rejeté la demande de libération provisoire de l’ancien président philippin Rodrigo Duterte, invoquant des risques de fuite, d’intimidation de témoins et de récidive. La Cour a également écarté les considérations humanitaires avancées par la défense.

  • La CPI a maintenu Rodrigo Duterte en détention, estimant que trois risques majeurs étaient réunis.
  • La Cour a rejeté les arguments humanitaires, affirmant que le droit à la vie familiale de l’ancien président est garanti par des mesures spécifiques.
  • Des proches de victimes ont exprimé un soulagement face à cette décision, tout en soulignant l’influence persistante de Duterte.

Rodrigo Duterte ne rentrera pas dans son pays pour le moment. La chambre préliminaire I de la CPI, chargée de l’affaire de crimes contre l’humanité visant l’ancien dirigeant philippin, a rendu sa décision vendredi 10 octobre. Les juges Iulia Antoanella Motoc, Adélaïde Sophie Alapini-Gansou et María del Socorro Flores Liera ont rejeté la demande de mise en liberté provisoire de M. Duterte ainsi que sa demande réitérée, ordonnant son maintien en détention.

La Cour a identifié trois risques principaux qui empêchent une libération temporaire : le risque de fuite, celui d’intimidation des témoins et celui de récidive. Concernant le premier point, la chambre a estimé que M. Duterte « continue de présenter un risque de fuite et que sa détention est nécessaire pour garantir sa présence durant la procédure préliminaire et un éventuel procès ». Les juges ont pris en compte sa position d’ancien président, l’influence qu’il conserve, notamment le fait qu’il ait été élu maire de Davao City lors des dernières élections, et le soutien de son entourage, y compris celui de la vice-présidente Sara Duterte. Ces éléments suggèrent qu’il « dispose des contacts politiques nécessaires, ainsi que d’un réseau de soutien au sein de ce pays ».

Le second risque, celui d’intimidation de témoins, a également été retenu. La chambre préliminaire a rappelé que M. Duterte aurait, par le passé, informé un témoin avant sa comparution devant le Sénat en 2016. Bien que certains détails aient été expurgés, il s’agirait du témoignage d’un ancien membre des « escadrons de la mort » de Davao, Arturo Lascañas, dans son affidavit soumis à la CPI. « L’historique de M. Duterte et de ses associés montre qu’il est capable et dispose des moyens, soit directement, soit par l’intermédiaire de ses associés, de faire obstacle aux procédures à son encontre », a conclu la chambre.

Enfin, le risque de récidive a été jugé concret, notamment en raison de la position de Sebastian Duterte, fils de l’ancien président et actuel maire par intérim de Davao City. « La Chambre estime que, contrairement à ce qu’affirme la Défense, il existe un risque que, s’il était libéré, M. Duterte continue de commettre les crimes qui lui sont reprochés ou des crimes connexes relevant de la compétence de la Cour », ont précisé les juges. Ce risque demeure, selon eux, « même si M. Duterte était libéré dans un lieu qui ne correspond pas à la portée géographique des crimes allégués ».

La CPI a également écarté les arguments humanitaires avancés par la défense. « La Cour a mis en place des mesures pour garantir que le droit de M. Duterte à la vie familiale soit respecté », a affirmé le tribunal, précisant qu’il pouvait notamment recevoir des visites et contacter ses proches. Le reste des demandes, jugées inhérentes à une détention légale, n’ont pas été considérées comme suffisantes pour justifier une libération provisoire.

Rodrigo Duterte fait face à trois chefs d’accusation de crimes contre l’humanité, dont meurtre, concernant 49 incidents et 78 victimes. Une audience de confirmation des charges avait été reportée suite à une demande de son avocat, arguant que son client était inapte à comparaître. La CPI a mandaté des experts en neuropsychiatrie pour examiner M. Duterte.

La décision de la CPI a suscité des réactions. Un proche d’une victime de la guerre antidrogue, interrogé par Rappler, a exprimé un « soupir de soulagement » et considéré que « l’épine avait été retirée ». Il a souligné que, bien qu’une libération soit rare, la demande d’ajournement indéterminé des procédures restait une préoccupation. L’avocate des victimes, Kristina Conti, a qualifié la décision de « apaisante » tout en rappelant « l’influence que Duterte continue d’exercer ». Elle espère que la détention de l’ancien président aux Pays-Bas encouragera les victimes et les témoins aux Philippines à participer davantage à la procédure.

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