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La deuxième grossesse change le cerveau des femmes

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Publié le 17 février 2024 09:00:00. Une nouvelle étude de l’UMC d’Amsterdam révèle que chaque grossesse laisse une empreinte unique sur le cerveau des femmes, avec des modifications distinctes entre une première et une deuxième maternité. Ces changements pourraient expliquer certaines vulnérabilités psychologiques post-partum et ouvrir la voie à de meilleurs accompagnements.

  • Le cerveau des femmes se modifie de manière significative pendant la grossesse, et ces changements persistent entre chaque maternité.
  • Une première grossesse impacte principalement les réseaux cérébraux liés à l’introspection et aux interactions sociales, tandis qu’une deuxième grossesse stimule davantage les zones impliquées dans l’attention et la réactivité sensorielle.
  • Des liens ont été établis entre ces modifications cérébrales et le risque de dépression périnatale.

Des recherches menées par l’UMC d’Amsterdam (Université Médicale d’Amsterdam) ont confirmé que la grossesse induit des transformations durables dans la structure et le fonctionnement du cerveau féminin. Une étude antérieure, menée par Elseline Hoekzema, avait déjà mis en évidence ces modifications, mais cette nouvelle recherche approfondit notre compréhension en comparant les effets d’une première et d’une deuxième grossesse.

L’équipe de recherche a suivi 110 femmes, divisées en trois groupes : celles qui ont vécu leur première maternité, celles qui ont eu leur deuxième enfant, et un groupe témoin sans enfant. Des scanners cérébraux réalisés avant et après la grossesse ont permis d’identifier précisément les zones du cerveau affectées et l’ampleur des changements.

Selon Elseline Hoekzema, responsable du Pregnancy Brain Lab à l’UMC d’Amsterdam :

« Au cours d’une première et d’une deuxième grossesse, le cerveau change de manière similaire et unique. Chaque grossesse laisse une trace unique dans le cerveau de la femme. »

Elseline Hoekzema, chercheuse à l’UMC d’Amsterdam

Les résultats indiquent que lors d’une première grossesse, les changements les plus importants se concentrent sur le réseau en mode par défaut, une zone cérébrale essentielle pour l’auto-réflexion et les processus sociaux. Une deuxième grossesse entraîne également des modifications de ce réseau, mais dans une moindre mesure. En revanche, les réseaux cérébraux liés à l’attention et à la réponse aux stimuli sont davantage sollicités lors d’une deuxième maternité.

Milou Straathof, chercheuse ayant analysé les données, explique :

« Il semble que lors d’une deuxième grossesse, le cerveau change plus fortement dans les réseaux qui sont impliqués dans la réponse aux stimuli sensoriels et dans l’orientation de votre attention. »

Milou Straathof, chercheuse à l’UMC d’Amsterdam

Ces adaptations pourraient être bénéfiques pour les mères qui doivent s’occuper de plusieurs enfants, en leur permettant de mieux gérer les distractions et de réagir rapidement aux besoins de chacun.

L’étude a également révélé un lien entre les changements cérébraux et la qualité de l’attachement mère-enfant, plus marqué lors d’une première grossesse. De plus, les chercheurs ont observé une corrélation entre les modifications structurelles du cerveau et le risque de dépression périnatale, tant pendant la première que la deuxième grossesse. Il s’agit de la première preuve que les changements qui se produisent dans le cortex cérébral d’une femme pendant la grossesse sont liés à la dépression chez la mère.

Ces découvertes soulignent l’importance de mieux comprendre les mécanismes cérébraux impliqués dans la maternité afin d’améliorer la prise en charge des mères, notamment en matière de prévention et de traitement de la dépression post-partum. Selon les chercheurs, il est crucial de reconnaître et de comprendre les problèmes de santé mentale qui peuvent survenir chez les mères, en tenant compte des adaptations cérébrales liées à la maternité.

Elseline Hoekzema conclut :

« La majorité des femmes tombent enceintes une ou plusieurs fois dans leur vie, mais ce n’est que maintenant que les chercheurs commencent à comprendre comment cela affecte le cerveau des femmes. »

Elseline Hoekzema, chercheuse à l’UMC d’Amsterdam

Cette étude confirme la plasticité du cerveau et sa capacité à s’adapter continuellement aux changements majeurs de la vie.

Photo : Adobe Stock

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