Publié le 6 février 2026. Une équipe d’astronomes chiliens, dirigée par l’Université du Chili, a obtenu un financement majeur de l’Observatoire européen austral pour percer les mystères de la formation et de l’évolution des galaxies grâce à une technique innovante développée localement.
- L’équipe a remporté un prestigieux « Grand programme de l’ESO », lui donnant accès à plus de 200 heures d’observation avec le Très Grand Télescope (VLT).
- Le projet s’appuie sur la « tomographie basée sur l’arc gravitationnel », une méthode qui utilise la gravité des amas de galaxies pour observer le milieu circumgalactique.
- Cette recherche vise à comprendre le cycle des atomes et comment la matière invisible autour des galaxies influence leur naissance, leur croissance et leur mort.
Une équipe de scientifiques chiliens, menée par le Dr Sebastián López du Département d’astronomie (DAS) de l’Université du Chili, a décroché un « Grand programme de l’ESO », l’une des distinctions les plus convoités dans le domaine de la recherche astronomique. Ce financement conséquent, attribué par l’ Observatoire européen austral (ESO), permettra à l’équipe d’explorer les origines et l’évolution des galaxies situées dans le nord du pays.
Le projet ambitieux prévoit plus de 200 heures d’observation avec le Très Grand Télescope (VLT), installé dans l’Observatoire de Paranal, au cœur du désert d’Atacama. L’équipe, qualifiée de « véritable équipe de rêve » par ses membres, bénéficie de l’expertise de Nicolas Tejos, astronome à l’Université Pontificale Catholique de Valparaíso (PUCV), ainsi que de chercheurs de l’Université Catholique (PUC) et d’étudiants en troisième cycle.
Au cœur de cette recherche se trouve une technique novatrice appelée « tomographie basée sur l’arc gravitationnel ». Perfectionnée pendant sept ans par l’équipe du Dr López, cette méthode exploite des phénomènes naturels appelés « loupes galactiques ». Ces « loupes » sont en réalité des amas de galaxies massifs dont la forte gravité courbe la lumière des objets plus lointains situés derrière eux. Cet effet crée des arcs de lumière qui permettent aux astronomes de cartographier le Milieu circumgalactique (CGM), la région de gaz et de matière noire qui entoure les galaxies.
Tomographie à arc gravitationnel : Innovation « Made in Chile »
« Cette avancée est particulièrement significative car elle est le fruit d’un travail approfondi avec nos collègues chiliens, avec qui nous développons une nouvelle technique », explique le Dr Sebastián López. L’objectif est de résoudre l’énigme du « cycle des atomes ». Selon Nicolás Tejos (PUCV), cette recherche vise à comprendre comment la matière invisible qui entoure les galaxies influence leur naissance, leur croissance et, finalement, leur mort. Grâce à cette technique, les scientifiques pourront observer la structure spatiale de cette matière avec une précision inégalée, comblant ainsi un vide observationnel qui persiste depuis des décennies.
Pour mener à bien cette étude, l’équipe utilisera MUSE (Explorateur spectroscopique multi-unités), un spectrographe de deuxième génération installé sur le VLT. Considéré comme un outil aussi essentiel pour la science moderne que le télescope spatial Hubble, MUSE permettra d’analyser la lumière des arcs gravitationnels pour révéler la composition chimique et la dynamique du gaz qui alimente les galaxies.
En impliquant plusieurs universités chiliennes, ce projet constitue une plateforme de développement pour la nouvelle génération d’astronomes. « Ces réalisations placent le Chili au même niveau que les pays possédant des siècles de tradition astronomique », souligne le Dr López, ajoutant que ce leadership dans le domaine renforce l’ensemble de la communauté scientifique et technique du pays.