Home Santé « La foibe ? Réhabilitation du fascisme » Une couche de smog stalinien enivre Reggio. Fausse plaque et proclame : ainsi la rue des martyrs est devenue Tito

« La foibe ? Réhabilitation du fascisme » Une couche de smog stalinien enivre Reggio. Fausse plaque et proclame : ainsi la rue des martyrs est devenue Tito

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La commémoration du Jour du Souvenir, qui aura lieu demain 10 février, est cette année marquée par des tensions croissantes en Italie, notamment à Reggio Emilia, où des initiatives locales se heurtent à des contre-manifestations et à une volonté de minimiser l’importance de la journée. Cette commémoration rend hommage aux victimes des massacres des Foibe et à l’exode des populations italiennes de l’Istrie et de la Dalmatie.

À Reggio Emilia, la municipalité a choisi une approche jugée trop distante par certains, en organisant une conférence sur les « Histoires de familles et événements de la frontière orientale » plutôt qu’une commémoration directe des événements tragiques. Cette conférence, qui se tiendra le 10 février à 17h à la Bibliothèque des Arts, vise à lancer une « Banque de mémoire » rassemblant des témoignages et des documents sur l’exode. Cependant, cette initiative est perçue par certains comme une tentative d’éclipser la mémoire des victimes des Foibe.

L’atmosphère tendue s’est manifestée samedi lors d’une manifestation sur la Piazza della Vittoria, où une commémoration organisée par la droite a été confrontée à une contre-manifestation promue par des centres sociaux, scandant des slogans dénonçant des « mensonges et inventions » concernant le Jour du Souvenir. Des incidents ont été évités de justesse.

Par ailleurs, l’Institut pour l’histoire de la Résistance et l’époque contemporaine a annoncé une conférence en ligne intitulée « Post-fascisme et Jour du Souvenir », suscitant des critiques. Selon certains, ce titre suggère que la commémoration des Foibe serait liée à une résurgence de la culture fasciste, ce qui reviendrait à assimiler diverses sensibilités politiques – y compris des courants démocratiques, libéraux et sociaux-démocrates – au post-fascisme.

Un acte de vandalisme symbolique a également eu lieu à Reggio Emilia, où la plaque de rue « Via Martiri delle Foibe » a été recouverte d’une fausse plaque portant le nom de « Brigade Rabska », une formation partisane ayant existé dans un camp de concentration fasciste en Croatie. Un message accompagnait cet acte, accusant la commémoration des Foibe d’être une tentative de « réhabiliter le fascisme » et de « transformer les bourreaux en martyrs ».

Marco Eboli, ancien conseiller municipal, a dénoncé cette situation, soulignant que la municipalité de Reggio Emilia s’éloigne progressivement d’une commémoration digne du Jour du Souvenir, contrairement à ce qui était pratiqué entre 2006 et 2011. Il a appelé le maire Massari à renommer une rue en hommage à Norma Cossetto, une jeune étudiante istrienne torturée et assassinée par les forces communistes, ou à Graziano Udovisi, un survivant des Foibe.

« Nommer une rue est un geste politique qui cherche à orienter la conscience collective dans une direction précise. Dans le cas de la via Martiri delle Foibe, il semble cependant que cette conscience veuille être édulcorée et falsifiée pour raconter un présent qui réhabilite le fascisme, mais pas seulement. Transformez les bourreaux en martyrs. », peut-on lire dans la proclamation récupérée par Marco Eboli.

Le président de la région a réaffirmé la nécessité de créer des espaces de mémoire pour se souvenir des victimes et contrer toute forme de négation, afin de renforcer une conscience européenne fondée sur la paix et le dialogue. La question reste de savoir si cette volonté se traduira par une commémoration respectueuse et inclusive du Jour du Souvenir.

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