Publié le 01 novembre 2025 – 06:09. Une récente méta-analyse révèle que les infections virales, notamment la grippe et le Covid-19, accroissent significativement le risque de maladies cardiovasculaires aiguës dans les semaines suivant l’infection, un lien moins exploré que leur potentiel cancérigène.
- Les infections par la grippe et le SARS-CoV-2 augmentent de quatre à cinq fois le risque de crise cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral dans les quatre semaines.
- D’autres virus comme le VIH, l’hépatite C ou la varicelle-zona présentent également des risques accrus, bien que plus modérés et potentiellement plus durables.
- Les chercheurs recommandent de renforcer la vaccination pour prévenir ces complications cardiovasculaires, particulièrement chez les personnes à risque.
Une étude d’ensemble dirigée par Kosuke Kawai de l’Université de Californie à Los Angeles, et publiée dans le *Journal of the American Heart Association*, met en lumière l’impact de diverses infections virales sur le système cardiovasculaire. Alors que le lien entre certains virus et le cancer est bien établi, leur influence sur les maladies non transmissibles comme celles touchant le cœur et les vaisseaux sanguins restait moins documentée. Pour cette recherche, plus de 52 000 études ont été passées en revue, pour en retenir 155 répondant à des critères de qualité stricts.
L’analyse a clairement établi une corrélation forte entre le SARS-CoV-2 et la grippe, et les événements cardiovasculaires aigus. Les personnes atteintes de grippe voient leur risque d’AVC multiplié par cinq et celui de crise cardiaque par quatre dans les quatre semaines suivant l’infection. Pour le Covid-19, ces risques sont respectivement multipliés par 2,9 et 3,1. Les scientifiques attribuent cette augmentation à la réaction inflammatoire du système immunitaire, qui peut favoriser la coagulation sanguine et ainsi affecter le système cardiovasculaire.
D’autres virus sont également concernés. L’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) entraîne une hausse de 60 % du risque de crise cardiaque et de 45 % pour l’AVC. Le virus de l’hépatite C augmente ces risques de 27 % et 23 %, respectivement. La varicelle-zona, quant à elle, induit une augmentation moindre (12 % pour les crises cardiaques, 18 % pour les AVC), mais le risque, bien que plus faible, persiste sur le long terme, touchant une proportion non négligeable de la population au cours de sa vie.
Face à ces constats, les auteurs de l’étude soulignent l’importance de la vaccination. Ils suggèrent que la vaccination contre des virus comme la grippe pourrait avoir un bénéfice indirect en réduisant le risque de maladies cardiovasculaires graves, comme l’a démontré une étude de 2022 qui avait observé une diminution de 34 % de ce risque chez les personnes vaccinées contre la grippe. D’autres virus, tels que l’herpès simplex 1, l’hépatite A, ou encore ceux responsables de la dengue et du chikungunya, ont également montré des associations, bien que moins claires, nécessitant des recherches supplémentaires étant donné leur prévalence mondiale.