Publié le 11 octobre 2025. Les relations sino-américaines, après un bref regain d’espoir, replongent dans l’incertitude. De nouvelles mesures de contrôle des exportations de minéraux critiques par la Chine ravivent les tensions commerciales avec les États-Unis.
- La Chine a annoncé de nouveaux contrôles sur les exportations de terres rares et de minéraux critiques, essentiels à de nombreuses industries.
- Cette décision fait suite à une période de relative accalmie dans la guerre commerciale, marquée par des discussions téléphoniques entre Donald Trump et Xi Jinping.
- Donald Trump réagit en menaçant d’imposer de nouveaux droits de douane et envisageant l’annulation d’une rencontre avec son homologue chinois.
Après des mois de silence, un appel téléphonique entre le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping, le 19 septembre, avait laissé entrevoir un possible apaisement des relations tendues entre les deux puissances. Cette conversation, la deuxième seulement depuis l’investiture de Trump, laissait espérer une stabilisation des échanges commerciaux, alors que des tarifs douaniers prohibitifs avaient été érigés de part et d’autre en avril, atteignant respectivement 145 % pour les importations américaines de produits chinois et 125 % pour les exportations américaines vers la Chine, rendant le commerce quasi impossible.
En mai, une détente semblait s’amorcer : les droits de douane avaient été revus à la baisse et la Chine levait partiellement ses restrictions sur les exportations de terres rares. Ces mesures faisaient suite à des négociations, notamment en Europe, initiées après que le président Trump eut accordé à la Chine un délai de 90 jours, puis prolongé, pour trouver un accord. L’espoir d’une reprise du commerce et d’une résolution du conflit semblait alors se concrétiser.
Cependant, cet espoir s’est rapidement dissipé. Cette semaine, la Chine a annoncé le renforcement de ses contrôles à l’exportation sur les terres rares et les minéraux critiques, des ressources indispensables à la fabrication d’une vaste gamme de produits, des téléphones portables aux équipements militaires. Ces minéraux sont devenus une arme stratégique pour la Chine dans sa compétition commerciale mondiale. Le pays domine largement ce secteur, contrôlant 90 % de la transformation mondiale des terres rares et 70 % de l’approvisionnement global.
Conscient de l’importance de ces ressources, Donald Trump a fait de la sécurisation de leur accès une priorité, manifestant son intérêt pour des pays comme le Canada, le Groenland, l’Ukraine, la République Démocratique du Congo (RDC) et l’Australie. La Chine utilise la restriction de ces matériaux comme levier de pression sur les États-Unis, étendant progressivement ses contrôles à l’exportation depuis deux ans. De son côté, Washington a démontré sa capacité à limiter l’accès de Pékin aux technologies de pointe en matière de semi-conducteurs, des puces essentielles à la fabrication des smartphones, des systèmes d’intelligence artificielle, et bien plus encore.
La dernière initiative chinoise en matière de contrôle des exportations a suscité une réaction immédiate de la part du président Trump. Il a menacé d’imposer des droits de douane supplémentaires de 100 % sur les importations chinoises dès le 1er novembre, voire plus tôt. Le président américain a également évoqué la possibilité d’annuler sa participation à une rencontre prévue avec le président Xi en marge du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) qui se tiendra en Corée du Sud plus tard dans le mois.
Nous semblons ainsi revenus à la case départ. La guerre commerciale reprend de plus belle, fragilisant davantage les relations entre les deux premières économies mondiales. Les marchés financiers, pris dans cette instabilité, peinent à anticiper les évolutions, au gré des décisions potentiellement impulsives d’un seul homme : Donald Trump.