Publié le 2025-10-19 16:10:00. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est reparti de Washington sans les renforts militaires espérés, malgré les appels pressants de Kiev face à l’intensification des attaques russes sur son réseau électrique. Sa rencontre avec Donald Trump, placée sous l’influence d’un appel du Kremlin, semble avoir scellé un statu quo défavorable à l’Ukraine.
- Volodymyr Zelensky n’a obtenu aucune promesse de livraison de missiles Tomahawk longue portée.
- Donald Trump a invoqué la nécessité de ces missiles pour les États-Unis et le risque d' »escalade » d’une guerre qu’il espère conclure rapidement.
- Le Kremlin se félicite d’avoir convaincu Donald Trump du bien-fondé de sa position, affirmant que le président américain a « effectivement soutenu le discours russe ».
La visite de Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche s’est soldée par une déception pour l’Ukraine. Alors que l’hiver approche et que la Russie intensifie ses frappes sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes, le président ukrainien espérait obtenir des renforts significatifs pour sa défense aérienne et sa force de frappe, notamment des missiles de croisière à longue portée Tomahawk. Or, son homologue américain Donald Trump a, semble-t-il, rejeté cette requête, affirmant que les États-Unis avaient eux-mêmes besoin de ces missiles et craignant une « grande escalade ».
Cette position de Donald Trump semble avoir été fortement influencée par un appel téléphonique du président russe Vladimir Poutine la veille. Selon des analystes, le dirigeant russe aurait réussi à convaincre son homologue américain que la Russie aspirait à la paix et que tout renforcement de l’arsenal ukrainien constituerait une provocation. Le président ukrainien, bien qu’affichant un certain courage face à ce refus, a reconnu devant la presse américaine : « C’est bien qu’il n’ait pas dit non, mais pour aujourd’hui, il n’a pas dit oui ».
L’idée que Donald Trump puisse autoriser la vente de missiles Tomahawk à l’Ukraine était déjà mise en doute par de nombreux observateurs. Le coût élevé de ces armements, leur rareté, ainsi que l’admiration de longue date de Trump pour Vladimir Poutine et son désir d’un rapprochement économique avec la Russie étaient autant de facteurs suggérant un refus. Vendredi, le président américain a d’ailleurs pratiquement exclu cette hypothétique livraison, ajoutant : « J’espère que nous pourrons mettre fin à la guerre sans penser aux Tomahawks. Je pense que nous en sommes assez proches. »
Donald Trump a par le passé menacé à plusieurs reprises de prendre des mesures plus fermes contre la Russie si elle continuait de rejeter ses appels à un cessez-le-feu et à des négociations de paix directes. Cependant, ces menaces sont restées lettre morte, le président américain ayant souvent fait marche arrière après des conversations avec Vladimir Poutine. L’enthousiasme de Trump à l’idée d’un nouveau sommet américano-russe, potentiellement en Hongrie, semble indiquer une conviction que le dirigeant russe serait prêt à mettre fin à la guerre.
Depuis le début du second mandat de Donald Trump, le Kremlin n’a cessé de souligner les bénéfices potentiels d’un rétablissement des relations entre les États-Unis et la Russie, notamment en vue d’une levée des sanctions contre Moscou. « L’un des principaux arguments du président américain était que la fin du conflit en Ukraine ouvrirait des perspectives colossales de développement de la coopération économique entre les États-Unis et la Russie », a déclaré Iouri Ouchakov, conseiller principal du Kremlin, après l’entretien entre Poutine et Trump.
Cette hâte de Donald Trump vers un règlement rapide suscite une vive inquiétude à Kiev et dans les capitales européennes. Les dirigeants craignent que le président américain ne fasse pression sur l’Ukraine pour qu’elle cède, tout en se montrant incapable ou peu disposé à exiger des compromis de la part de la Russie. Si un accord doit être trouvé, il est probable que la partie ukrainienne soit celle qui doive s’y plier.
L’analyse simpliste de la guerre par Donald Trump, qui a résumé le conflit à un simple « mauvais sang » entre Poutine et Zelensky, renforce cette impression. Le président américain a suggéré que les troupes ukrainiennes devraient simplement « rentrer chez elles » et que la ligne de front actuelle devienne la frontière de facto entre l’Ukraine et les territoires sous contrôle russe, ajoutant : « Sinon, c’est trop compliqué. Vous ne pourrez jamais le comprendre. »
Cette déclaration a été accueillie avec satisfaction par Moscou. « Zelensky a quitté la Maison Blanche avec beaucoup de déceptions », a commenté Leonid Slutsky, chef de la commission des affaires internationales de la chambre basse du parlement russe. « Poutine était clairement plus convaincant dans ses arguments. Donald Trump a effectivement soutenu le discours russe. »