Publié le 2025-10-28 13:20:00. Près de neuf heures de perturbations ont paralysé l’accès à Mexico et ses environs hier, suite à un vaste mouvement de protestation des transporteurs d’eau et des propriétaires de purificateurs. Ces mobilisations font suite à l’opération gouvernementale « Caudal » visant à démanteler le trafic illégal d’eau dans 48 districts.
- Des blocages routiers ont touché 15 municipalités de l’État de Mexico et la capitale, affectant des milliers d’usagers des transports publics.
- L’opération « Caudal » a conduit à la saisie de 189 propriétés, incluant 51 puits et 138 robinets clandestins.
- Les manifestants dénoncent une « généralisation » de la répression et demandent une vérification au cas par cas des puits saisis.
Les protestations, débutées à 7h du matin, ont rapidement saturé les principaux axes menant à la capitale. L’Avenue Centrale, près du métro Nezahualcóyotl, a été l’un des premiers points de blocage, où des transporteurs d’eau et des propriétaires de purificateurs se sont positionnés en direction de Mexico. D’autres points névralgiques ont été rapidement affectés, notamment sur les autoroutes Mexico-Pachuca (près d’El Vigilante), México-Querétaro (au stand Tepotzotlán), Mexique-Toluca (à côté du Plazas Outlet), Toluca-Naucalpan (sur les Places Santín), le Peñón-Texcoco et le México-Pírámides (près d’Acolman).
L’État de Mexico a été particulièrement touché, avec sept points d’interruption à Nezahualcóyotl, neuf à Ecatepec, deux à Acolman, quatre à Texcoco, trois à Cuautitlán Izcalli et un à Tepotzotlán, où le blocage était partiel sur le péage de l’autoroute Mexique-Querétaro. La capitale mexicaine n’a pas été épargnée, plus de 200 propriétaires de purificateurs ayant organisé des blocages simultanés sur des artères majeures comme la Calzada Ermita Iztapalapa et l’Eje 6 Sur (dans l’arrondissement d’Iztapalapa), l’Axe Central et le Progrès National (dans Gustavo A. Madero), ainsi que l’Eje Central Lázaro Cárdenas et le Circuito Interior (dans Cuauhtémoc).
Les autorités mexicaines ont lancé l’opération « Caudal » pour lutter contre l’extraction et la distribution illégales d’eau potable, qui affecteraient 48 districts. Cette opération a entraîné la saisie de 189 propriétés suspectées d’être impliquées dans ce trafic, incluant 51 puits et 138 points de distribution clandestins. La forte mobilisation a eu des répercussions directes sur la vie quotidienne des habitants : des milliers d’usagers des transports publics ont été contraints de marcher sur de longues distances pour trouver un moyen de se déplacer, et le service de plusieurs lignes du métro (1, 2, 3 et 4) a été suspendu.
La présence de groupes liés à des organisations qualifiées de criminelles par les autorités a été signalée à certains points de blocage. Parmi eux figureraient des membres de l’Union des syndicats et des organisations nationales, des représentants du groupe « Les 300 », ainsi que d’anciens fonctionnaires de municipalités telles qu’Ecatepec.
Les manifestants, tout en reconnaissant l’existence d’un trafic illégal d’eau, ont fermement dénoncé ce qu’ils perçoivent comme une « généralisation » de la répression. Ils accusent les autorités de favoriser la rétention de leurs camions-citernes depuis l’opération de vendredi, les conduisant en fourrière.
« Nous sommes conscients du huachicoleo (trafic illégal de carburant, utilisé ici par analogie pour le trafic d’eau), mais ce n’est pas notre cas. Nous fournissons un service de purification d’eau aux habitants, et en fermant les puits, nous n’avons plus de source d’approvisionnement. Il n’est pas juste de mettre tout le monde dans le même sac », ont-ils déploré. »
Ils ont réclamé une vérification minutieuse de chaque puits saisi, affirmant ne pas être des voleurs. La situation a créé une atmosphère de panique dans certains quartiers de la capitale, comme à Iztapalapa, où les étagères des magasins se sont vidées rapidement, malgré les assurances des autorités concernant l’approvisionnement des foyers.