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La Jornada – Grupo México : nouvelle tragédie

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Publié le 26/10/2025 15:44:00. Un tragique effondrement dans la mine Buenavista del Cobre, au Sonora, a coûté la vie à des travailleurs, ravivant les préoccupations quant à la sécurité et aux pratiques environnementales du Grupo México, déjà critiqué pour une grave contamination en 2014.

  • Plusieurs ouvriers sont décédés suite à un éboulement survenu dans la mine Buenavista del Cobre, opérée par le Grupo México dans la municipalité de Cananea, dans l’État de Sonora.
  • L’incident s’est produit lors d’opérations d’extraction, et la direction de l’entreprise a confirmé les décès tout en promettant une enquête.
  • Cette nouvelle catastrophe survient alors que le gouvernement mexicain œuvre à la remédiation des dommages écologiques d’une ampleur considérable causés par le même site minier en 2014.

L’accident, dont les circonstances précises n’ont pas été immédiatement détaillées par l’entreprise, s’est produit pendant des travaux opérationnels dans une zone d’extraction de la mine Buenavista del Cobre. Le Grupo México a exprimé ses condoléances aux familles des victimes et a précisé que les autorités compétentes ont été informées pour mener les enquêtes nécessaires à la détermination des causes de l’effondrement.

Ce drame intervient dans un contexte où le Mexique s’efforce encore de panser les plaies laissées par le déversement de plus de 40 000 mètres cubes de sulfate de cuivre acidulé en 2014. Ce rejet toxique avait massivement contaminé les rivières Sonora et Bacanuchi, affectant plus de 22 000 habitants répartis dans sept municipalités. La présidente Claudia Sheinbaum Pardo a récemment annoncé la création d’un groupe de travail entre agences fédérales et le Grupo México pour remédier à ces dommages environnementaux passés. L’accord envisagé vise à honorer les engagements pris il y a plus de dix ans, notamment la construction et l’exploitation d’un hôpital, d’un laboratoire, la mise en place de suivis sanitaires réguliers de la population et des travaux d’assainissement.

Le déversement de 2014, déjà survenu sur le site de Buenavista del Cobre, avait été qualifié de « pire catastrophe environnementale de l’histoire minière au Mexique » par le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles. Les critiques soulignent que depuis cet événement, l’entreprise aurait bénéficié d’une forme d’impunité, notamment sous le gouvernement d’Enrique Peña Nieto jusqu’en 2018. Malgré une procédure judiciaire lancée par l’administration d’Andrés Manuel López Obrador en 2023, les progrès dans la réparation des dommages semblent lents.

Il est révélé que la contamination de l’eau, loin de s’atténuer, a montré des augmentations inquiétantes. Alors qu’en mars 2020, 35% des échantillons étudiés dépassaient les limites autorisées pour le plomb, ce chiffre atteignait 57% en juillet de l’année dernière, dépassant ainsi le seuil de sécurité établi par la norme officielle mexicaine.

Malgré ces constats alarmants, le Grupo México est accusé de faire preuve d’une indifférence persistante. Une partie de cette inertie serait due à l’influence de son propriétaire, personnalité parmi les plus fortunées du Mexique et d’Amérique latine. La Cour suprême de justice de la nation (SCJN) aurait, au lieu d’exiger le versement des 2 milliards de pesos promis pour réparer les dommages causés à la faune et aux populations, permis à l’entreprise de contribuer à moins de la moitié de ce montant, tout en ordonnant le remboursement de 77 millions. En 2017, la même cour avait statué sur la dissolution d’une fiducie destinée à financer les travaux d’atténuation, alors même que l’entreprise n’avait pas respecté toutes ses obligations.

La présidente Sheinbaum a également fait état d’allégations selon lesquelles des fonds issus de cette fiducie auraient été détournés au profit de personnes extérieures aux communautés affectées, alimentant les soupçons d’un montage visant à échapper aux responsabilités du consortium.

Au-delà des conclusions de l’enquête sur les causes de l’effondrement, l’incident de Buenavista del Cobre met en lumière la nécessité d’un audit approfondi des pratiques de sécurité au travail et de protection de l’environnement du Grupo México. Cette entreprise, issue des privatisations du cycle néolibéral, continue de générer d’immenses fortunes grâce à l’exploitation des ressources naturelles du sous-sol mexicain, tout en minimisant, voire négligeant, les mesures de protection pourtant obligatoires.

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