Publié le 25 octobre 2024. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a affirmé que l’homme d’affaires Ricardo Salinas Pliego « doit payer » ses dettes, suite à la révocation par un tribunal mexicain d’une suspension de paiement d’un prêt. Cette décision intervient alors que plusieurs procédures judiciaires sont en cours, tant au Mexique qu’aux États-Unis, concernant des sommes importantes dues par l’homme d’affaires et ses entreprises.
- Un tribunal fédéral mexicain a annulé une résolution autorisant Ricardo Salinas Pliego à suspendre le paiement d’une dette envers des créanciers américains.
- Cette annulation oblige le propriétaire de Tv Azteca à régler ses obligations, bien qu’il reste engagé dans d’autres procédures judiciaires.
- Le groupe Salinas a exprimé sa volonté de dialogue pour parvenir à un accord, tandis que les créanciers attendent un avis officiel du tribunal avant de commenter.
La présidente Claudia Sheinbaum a souligné la nécessité pour Ricardo Salinas Pliego de s’acquitter de ses dettes. « Il doit payer », a-t-elle déclaré, faisant référence à la récente décision d’un tribunal mexicain. Cette décision révoque une autorisation qui permettait jusqu’alors au dirigeant du conglomérat Grupo Salinas, également propriétaire de Tv Azteca, de suspendre le règlement d’un prêt réclamé au Mexique. L’homme d’affaires fait face à plusieurs contentieux, notamment des poursuites pour dettes impayées auprès du Trésor mexicain et de créanciers privés basés aux États-Unis.
Jeudi, un tribunal fédéral a effectivement annulé une ordonnance d’un tribunal de Mexico. Cette ordonnance, initialement obtenue par Ricardo Salinas Pliego pendant la pandémie, lui permettait de suspendre le paiement d’une dette envers des entreprises américaines, suite à un recours qu’il avait déposé. « À l’époque, ils étaient d’accord avec lui, mais maintenant que ce processus est à nouveau révisé, il est révoqué et il est obligé de payer », a précisé la présidente lors de sa conférence de presse quotidienne, ajoutant qu’il existait « encore une autre procédure » devant les tribunaux mexicains.
Claudia Sheinbaum a expliqué que les créanciers de Tv Azteca avaient engagé une procédure internationale impliquant l’État mexicain, puisque le paiement avait été arrêté sur décision judiciaire. Elle a toutefois insisté sur le fait que si les autres recours aboutissaient à des décisions similaires à celle qui vient d’être rendue, le litige international perdrait sa raison d’être, car l’homme d’affaires serait contraint de payer et l’État mexicain ne serait plus impliqué. La présidente a également rappelé que des hommes d’affaires américains avaient sollicité une rencontre avec elle, mais qu’elle avait délégué la gestion de ce dossier à l’avocat fiscaliste et au secrétaire au Trésor.
Les créanciers en attente
Cette décision intervient au lendemain d’une demande aux États-Unis de sanctionner Tv Azteca et son groupe de contrôle pour outrage. À Mexico, l’annulation des mesures conservatoires avait permis à l’entreprise d’éviter de régler une dette s’élevant à 580 millions de dollars (environ 538 millions d’euros). Face à cette situation, Grupo Salinas a réaffirmé sa « totale volonté de dialogue pour parvenir à un accord favorable à toutes les parties et conforme à la réalité de notre industrie ». Le consortium a appelé le groupe de créanciers à « reprendre le dialogue et à éviter de prolonger inutilement ce processus ».
Mercredi soir, l’information sur la révocation de la protection accordée par Miguel Ángel Robles Villegas, juge au soixante-troisième tribunal civil du Tribunal supérieur de justice de Mexico, a été annoncée. Cette protection avait permis à Tv Azteca de prolonger une mesure suspendant les exigences de ses créanciers, qui avaient déjà notifié un défaut de paiement. L’un des cabinets juridiques conseillant les créanciers, Akin, a indiqué que ceux-ci « examinent la décision et attendent l’avis écrit officiel du tribunal avant de commenter l’affaire ».
La persistance des procédures judiciaires au Mexique a conduit les obligataires, qui ont également engagé des poursuites contre Tv Azteca et 39 filiales du Grupo Salinas dans le district sud de New York, à demander des sanctions pour outrage. Ils ont rappelé que depuis le 22 septembre, le juge Paul G. Gardephe a ordonné à la société mexicaine de se retirer de la procédure qu’elle avait initiée au Mexique contre ses obligataires. La défense de Tv Azteca a reconnu, par le biais du cabinet Greenberg Traurig, avoir formellement informé les tribunaux mexicains de la suspension, mais sans accepter de se retirer de la procédure.
La première conférence préalable au procès entre les créanciers et Tv Azteca, initialement prévue et reportée à plusieurs reprises, est désormais fixée au 4 novembre devant le tribunal du district sud de New York.