Publié le 2025-10-24 11:30:00. Après avoir adopté une alimentation végétalienne pendant quatre ans, Shelly Wubbe a fait le choix de réintroduire progressivement des produits d’origine animale dans son régime alimentaire, constatant des améliorations significatives sur sa santé et son énergie. Son expérience, partagée sur LinkedIn, a suscité un vif débat, soulevant la question des bienfaits et des inconvénients de ces régimes alimentaires.
- Shelly Wubbe, anciennement végétalienne, a ressenti une amélioration de son énergie, de la qualité de ses cheveux, de sa peau et une diminution des troubles digestifs après avoir réintroduit viande et poisson.
- Le Centre de Nutrition néerlandais rappelle que si les produits animaux sont sources de nutriments essentiels, un régime végétal bien planifié peut aussi les apporter, et conseille d’éviter les carences par une alimentation équilibrée.
- Le Centre de Nutrition souligne les bénéfices prouvés d’une alimentation plus végétale pour la santé cardiovasculaire et la réduction du risque de certains cancers, tout en mentionnant les apports positifs du poisson et des produits laitiers.
Il y a quelques semaines, le témoignage de Shelly Wubbe sur LinkedIn a créé une onde de choc. Ancienne végétalienne convaincue, elle explique avoir arrêté les produits animaux il y a plusieurs années, motivée par des raisons éthiques. « J’aime tellement les animaux, et c’est un peu étrange quand on les mange. Surtout quand on sait quelle est la souffrance animale dans cette industrie », confie-t-elle, soulignant son dégoût pour la cruauté de l’élevage industriel.
Sa transition vers le végétarisme, puis le véganisme, s’est faite relativement aisément. « Devenir végétarienne a été un petit pas pour moi », explique-t-elle, ajoutant qu’elle n’aimait de toute façon pas beaucoup la viande ni les produits laitiers. Après quatre ans de régime végétalien, elle a cependant commencé à ressentir une baisse de vitalité, malgré des analyses sanguines ne révélant aucune carence flagrante en fer ou en vitamines. « J’avais peu d’énergie, j’étais très pâle, je ressemblais à un fantôme », décrit-elle. Ses cheveux s’étaient aminés et sa libido avait chuté, la poussant à reconsidérer son approche.
« Ce n’est pas parce que mes valeurs étaient bonnes qu’elles étaient optimales », constate Shelly. « Je n’avais pas forcément l’impression que ma santé était optimale. » Il y a cinq ans, elle a donc entamé un retour progressif aux produits d’origine animale. « C’était étrange de recommencer immédiatement à manger de la viande », se souvient-elle. Elle a opté pour une approche graduelle, commençant par les œufs, puis le poisson, et enfin la viande, notamment au restaurant. La monotonie du régime végétalien et le manque du goût des produits animaux lui pesaient également. « Pendant mes règles, je remarque que j’ai parfois très envie d’un morceau de viande rouge », avoue-t-elle.
Les bienfaits de cette réintroduction alimentaire n’ont pas tardé à se faire sentir. Shelly liste neuf améliorations notables : une énergie accrue, des cheveux plus épais et une chute ralentie, un cycle menstruel plus régulier, une facilité accrue pour le développement musculaire, une libido retrouvée, un plaisir de manger renouvelé, moins de ballonnements et de maux d’estomac, ainsi qu’une diminution des fringales et de la sensation de faim.
Son mémoire de maîtrise portait d’ailleurs sur la comparaison des protéines végétales et animales, et elle s’appuie sur des études scientifiques pour étayer les avantages qu’elle a constatés. « J’ai surtout remarqué que j’avais plus d’énergie », témoigne-t-elle. « Mes cheveux sont de meilleure qualité, mes ongles sont plus forts, ma peau est moins pâle, je n’ai plus le ventre gonflé », résume-t-elle. La viande, étant « extrêmement rassasiante », l’aide à maintenir son poids plus facilement.
Quant à son cycle menstruel, s’il était auparavant irrégulier (ayant même perdu ses règles à deux reprises, liés à un trouble alimentaire et à un stress intense), il est désormais « très régulier » depuis qu’elle a réintégré les produits animaux. Elle nuance cependant, reconnaissant que d’autres facteurs peuvent également influencer cette régularité.
Malgré ses expériences positives, Shelly Wubbe tient à souligner que son cas n’est pas une généralité. « Je suis convaincue qu’en principe, nous pouvons très bien vivre sans viande. La plupart des gens seront en meilleure santé s’ils mangent plus de plantes », affirme-t-elle. Elle insiste sur l’importance de l’équilibre et sur le fait qu’une consommation excessive de viande est néfaste. « Manger de la viande ou du poisson trois fois par jour n’est pas nécessaire », précise-t-elle, expliquant que son régime est toujours composé à 80 % de végétariens et privilégie les aliments non transformés. « Chaque corps est différent. Ce qui fonctionne pour une personne ne fonctionne pas nécessairement pour une autre. »
Le Centre de Nutrition néerlandais se penche sur le cas de Shelly et suggère que ses bienfaits proviennent peut-être d’une compensation de carences, même non détectées auparavant. « En fin de compte, c’est l’ensemble de votre alimentation qui compte », explique la porte-parole Pascalle Stijger. « Si vous obtenez les nutriments qui vous manquent d’une manière différente, vous pouvez bénéficier des mêmes bénéfices. » Le Centre rappelle que les apports bénéfiques pour la santé ne sont pas exclusivement liés à la consommation de viande ; une approche globale, incluant plus de repos ou d’exercice, peut aussi expliquer ces améliorations. « Ce n’est jamais du noir ou du blanc, juste un aliment qui fait la différence. »
Les experts du Centre de Nutrition confirment qu’il est tout à fait possible de se passer de viande et de produits d’origine animale, à condition de bien les remplacer. « Nous vous conseillons de bien regarder les nutriments que vous consommez », indique le Centre. Des applications comme « Mon Eetmeter » permettent de suivre ses apports nutritionnels et d’identifier d’éventuelles carences. Bien que la viande soit une source importante de protéines, de fer et de vitamines B1 et B12, ces nutriments se retrouvent également dans des sources végétales telles que les légumineuses, le soja, les noix, les graines et les œufs.
Le fer est particulièrement mentionné. Le corps assimile plus facilement le fer hémique, présent uniquement dans les produits animaux. Les végétariens consomment donc principalement du fer non hémique, moins bien absorbé, mais une alimentation végétale bien pensée permet néanmoins d’atteindre des apports suffisants. Le Centre de Nutrition déconseille la prise de compléments alimentaires de manière systématique, alertant sur les risques de surdosage pour certaines vitamines, comme la vitamine B6, qui peut causer des lésions nerveuses permanentes. Si la prise de suppléments est envisagée, il est recommandé de ne pas dépasser 100 % des apports journaliers recommandés.
Pour les régimes végétaliens et végétariens stricts, un supplément de vitamine B12 est systématiquement recommandé par le Centre de Nutrition.
Existe-t-il des cas où la reprise de la consommation de viande serait « nécessaire » ? Le Centre de Nutrition n’émet pas cette recommandation à la légère. Il suggère plutôt qu’en cas de symptômes tels que fatigue ou pâleur, une analyse de sang chez un médecin est la première étape. Si une carence est avérée, « vous pouvez choisir de recommencer temporairement à manger de la viande. Mais vous pouvez également réfléchir à la manière dont vous pouvez tirer le meilleur parti d’autres produits », comme les noix ou les légumineuses. Un diététicien peut proposer un accompagnement personnalisé pour structurer un régime végétarien ou végétalien équilibré sur le long terme.
Pour ceux qui décident de réintroduire la viande après une longue période de végétarisme ou de véganisme, le Centre de Nutrition préconise une approche progressive. « Votre corps peut ne pas bien y réagir pendant un certain temps. Vos intestins n’y sont pas habitués et votre digestion doit s’y habituer à nouveau, vous pouvez donc avoir des troubles intestinaux », avertit-il. Il est conseillé de ne pas consommer de grandes quantités de viande d’emblée.
De manière générale, le Centre de Nutrition met en avant les bénéfices d’une réduction de la consommation de viande. « Manger moins d’aliments d’origine animale et davantage d’aliments d’origine végétale peut aider à abaisser la tension artérielle et à réduire le risque de maladies cardiovasculaires », souligne-t-il, particulièrement en privilégiant les légumes, fruits, noix et céréales complètes, et en limitant la viande transformée et rouge, dont la consommation est associée à un risque accru de cancer du côlon.
Le poisson, quant à lui, est reconnu pour ses bienfaits sur la santé cardiovasculaire, grâce notamment aux acides gras oméga. Le Centre recommande d’en consommer gras une fois par semaine, précisant que les suppléments ne peuvent remplacer les bénéfices individuels apportés par le poisson. Les produits laitiers sont également cités pour leur rôle dans la réduction du risque de diabète et de cancer du côlon.
La viande, en particulier maigre et non transformée, peut s’intégrer dans une alimentation saine, mais son absence n’induit pas nécessairement de carences, à condition de trouver des substituts adéquats. « La viande peut être utile, mais elle n’est certainement pas obligatoire au menu tous les jours », conclut le Centre de Nutrition, réitérant que pour la majorité des Néerlandais, une alimentation plus végétale et moins carnée est préconisée.