Publié le 2024-02-29 14:35:00. Des recherches mexicaines révèlent un lien étroit entre les maladies du foie, les troubles intestinaux et les atteintes cérébrales, soulignant l’importance d’un diagnostic précoce pour rétablir l’équilibre de l’organisme.
- Les lésions hépatiques peuvent entraîner une diminution de la production d’une protéine essentielle au bon fonctionnement des neurotransmetteurs.
- À un stade avancé, l’atteinte du foie augmente le risque d’encéphalopathie, pouvant aller jusqu’au coma.
- Une alimentation saine, l’exercice physique et l’évitement de l’alcool sont recommandés pour préserver la santé du foie, de l’intestin et du cerveau.
Des scientifiques de l’Institut national de médecine génomique (Inmegen) au Mexique ont mis en évidence une interdépendance cruciale entre le foie, l’intestin et le cerveau. Leurs travaux démontrent que les pathologies hépatiques ne se limitent pas à cet organe, mais peuvent avoir des répercussions significatives sur le système digestif et le système nerveux central.
L’étude a révélé que les patients atteints de cancer du foie présentent souvent un déficit en INMT, une protéine jouant un rôle clé dans la régulation des neurotransmetteurs. Cette carence pourrait expliquer certains troubles neurologiques observés chez ces patients. De plus, l’équipe de l’Inmegen a constaté qu’à mesure que la maladie du foie progresse, le risque d’encéphalopathie augmente. Cette complication, due à une accumulation d’ammonium dans le sang, peut se manifester par une désorientation, une confusion, et dans les cas les plus graves, un coma.
« Avec un diagnostic rapide des troubles hépatiques, l’équilibre peut être rétabli dans le corps. »
Julio Pérez Carreón, chercheur au groupe Génomique des maladies du foie d’Inmegen
Au-delà de l’encéphalopathie, les dommages au foie peuvent également provoquer des complications digestives telles que des varices œsophagiennes et des troubles intestinaux. L’équipe de l’Inmegen poursuit ses recherches pour comprendre les mécanismes qui transforment un foie sain en un organe malade, comme dans le cas de la cirrhose ou du cancer.
Selon les chercheurs, ces trois organes – le foie, l’intestin et le cerveau – communiquent constamment par le biais de la circulation sanguine, du nerf vague et du système immunitaire. Ils interagissent également au niveau métabolique, notamment grâce à des molécules comme le tryptophane et la sérotonine, un neurotransmetteur produit dans l’intestin et régulé par le foie. Cette communication complexe explique pourquoi une atteinte à l’un de ces organes peut entraîner des altérations dans les autres.
Pour préserver la santé de cet ensemble interconnecté, les chercheurs de l’Inmegen recommandent d’adopter un mode de vie sain : une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, l’abstinence d’alcool et la réduction de la consommation d’aliments ultra-transformés. Ils insistent également sur l’importance d’un sommeil de qualité, d’une prise en charge rapide des troubles digestifs et d’éviter l’automédication.