Publié le 2025-10-29 13:54:00. Les États-Unis ont décidé de suspendre 13 routes aériennes opérées par des compagnies mexicaines, une mesure qui prend effet à l’approche des fêtes de fin d’année et suscite déjà des inquiétudes quant à l’impact sur le trafic aérien et les relations bilatérales.
À quelques jours du pic de la saison des fêtes, le gouvernement américain a annoncé hier la suspension de 13 routes aériennes reliant le Mexique aux États-Unis, affectant les compagnies Aeroméxico, Volaris et VivaAerobus. Des destinations majeures comme New York, Los Angeles et Miami sont concernées. Par ailleurs, l’autorisation des vols de passagers et de fret depuis l’aéroport international Felipe Ángeles (AIFA) vers le territoire américain est provisoirement suspendue.
Cette décision, émanant du département des Transports (DoT) américain, s’inscrit dans un différend initié en 2023. Le gouvernement mexicain avait alors décidé de réorienter les vols cargo vers l’AIFA, arguant d’une saturation de l’aéroport international de Mexico (AICM).
Par son ordre de notification et de désapprobation, le DoT retire l’autorisation de vol vers les États-Unis pour 13 routes exploitées par Aeroméxico, Volaris et VivaAerobus. L’ordre prévoit également l’annulation provisoire de tous les vols, passagers et cargo, au départ de l’AIFA.
La compagnie VivaAerobus est la plus touchée par cette mesure. Neuf liaisons depuis l’AIFA vers Austin, New York, Chicago, Dallas, Denver, Houston, Los Angeles, Miami et Orlando sont désormais fermées.
De son côté, Aeroméxico ne pourra plus desservir Houston et McAllen depuis l’AIFA. Elle perd également la route entre l’AICM et San Juan de Puerto Rico, opérationnelle depuis le 9 septembre dernier.
Volaris voit sa route de l’AIFA vers Newark (New Jersey) suspendue.
En outre, le DoT propose d’interdire temporairement le transport de marchandises dans les soutes à bagages sur tous les vols mixtes (passagers et fret) reliant l’aéroport Benito Juárez (AICM) aux États-Unis. L’annulation de tous les vols combinés depuis l’AIFA est également envisagée.
Volaris a indiqué que les restrictions sur le fret n’auraient que peu d’impact sur ses opérations, sa présence sur ce marché étant limitée. La compagnie cherche par ailleurs des solutions pour la liaison suspendue vers Newark. Le Secrétariat à l’Infrastructure, aux Communications et aux Transports (SICT) mexicain n’a pas encore précisé qui, du secrétariat ou de la présidente Claudia Sheinbaum, communiquera la position officielle du Mexique.
Le 2 février 2023, le gouvernement mexicain avait publié des décrets visant à réduire le nombre de décollages et d’atterrissages à l’AICM et à transférer les vols cargo vers l’AIFA, dans le but de désengorger l’aéroport de la capitale.
Cependant, dans son ordonnance datée du 19 juillet 2025, le DoT américain a affirmé que le gouvernement mexicain avait pris des mesures, malgré les objections des États-Unis, qui portaient atteinte à la capacité des compagnies aériennes américaines d’exercer pleinement leurs droits, les privant ainsi d’une concurrence équitable.
« Dans l’ensemble, les préoccupations majeures du gouvernement des États-Unis sont liées à la publication d’un décret sur le fret par le gouvernement du Mexique et aux questions relatives aux créneaux horaires de l’aéroport international Benito Juárez de Mexico », précise l’ordonnance.
Fernando Gómez, conseiller auprès d’investisseurs aéroportuaires, a souligné dans une interview l’impact potentiel de cette décision sur un marché aérien déjà sous tension, particulièrement à l’approche des fêtes et de la Coupe du monde de football.
« 60 pour cent des vols qui quittent le Mexique vont aux États-Unis. Ce pays supprime les vols en provenance du Mexique et gagne des parts de marché. Il y aura moins de personnel employé et la communication entre les deux pays sera diminuée. »
Fernando Gómez, conseiller
Pour ce spécialiste, cette mesure constitue une sanction suite au transfert des vols cargo vers l’AIFA et s’inscrirait dans la stratégie du gouvernement américain dans le cadre de la renégociation de l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC).