Publié le 2025-10-10 13:01:00. Un expert du secteur du sport partage son parcours personnel dans la gestion de sa santé mentale, soulignant le rôle crucial de l’activité physique. Il appelle l’industrie à assumer ses responsabilités face à une crise mondiale croissante, en tirant parti du pouvoir du sport pour le bien-être collectif.
- L’activité physique est présentée comme un outil essentiel de contrôle et d’équilibre pour la santé mentale, aidant à gérer le stress et l’anxiété.
- Le secteur du sport est appelé à devenir un acteur de changement face à la crise mondiale du bien-être mental, en créant des plateformes de soutien et d’éducation.
- Le sport et le mouvement sont identifiés comme des leviers puissants pour apporter optimisme, connexion et autonomisation dans une société fragilisée.
Ma propre prise de conscience sur la santé mentale remonte à un moment difficile au début de ma trentaine, une époque où la perception de ces enjeux était encore largement erronée. Cette révélation précoce m’a permis d’éviter une situation plus grave et a marqué le début d’un long cheminement pour appréhender la complexité de la santé mentale, une quête qui se poursuit encore aujourd’hui sous la forme d’un dialogue intérieur et d’un défi quotidien.
Au cœur de cette démarche se trouve l’activité physique. La pratique quotidienne, sous une forme ou une autre, représente l’un des rares aspects de ma vie que je parviens à maîtriser. Elle joue un rôle fondamental dans l’équilibrage des hormones du stress comme le cortisol et l’adrénaline, et contribue à rendre le monde plus agréable et stimulant. Ce parcours personnel, axé sur le lien intrinsèque entre l’exercice et le bien-être psychologique, n’est pas seulement vital pour moi. Il est aussi révélateur du potentiel que notre industrie peut déployer pour aider les autres. Nous sommes aujourd’hui à un carrefour essentiel où la performance, la connexion humaine et le bien-être convergent, une intersection d’autant plus cruciale dans le contexte actuel.
Les dernières années ont vu une escalade des risques mondiaux : changement climatique, crises sanitaires comme la COVID-19, conflits armés, instabilité politique, montée des discriminations, et l’impact économique de l’inflation. Tous ces facteurs exercent une pression considérable, épuisant les réserves d’énergie de nombreuses personnes avant même le début de leur journée. Si une grande partie de ces événements échappe à notre contrôle – le professeur Peter Frankopan d’Oxford soulignant que seuls les conflits et les pandémies ont la capacité de bouleverser le monde rapidement – il existe des moments où une lutte partagée peut mener à un changement collectif.
La crise de la santé mentale touche aujourd’hui toutes les strates de la société. Les gouvernements sont confrontés à des dépenses sociales en forte hausse suite à la pandémie. Les entreprises luttent contre la baisse de productivité et l’absentéisme. Les systèmes scolaires sont débordés. Les familles sont sous une pression immense. Chaque communauté majeure est confrontée à ce même défi, qui représente cependant une opportunité de transformation profonde.
Pour notre industrie, ce changement doit d’abord s’opérer en interne. C’est dans cette optique que nous avons lancé la Plateforme de bien-être mental de l’industrie du sport, afin de soutenir et d’éduquer notre secteur, de renforcer la compréhension des enjeux, de partager les meilleures pratiques et de créer un réseau de soutien.
Nous évoluons dans un environnement où la haute performance est attendue et soutenue, que ce soit auprès d’artistes ou d’équipes d’élite. Cependant, en coulisses – parmi les administrateurs, les équipes événementielles, les agences et les détenteurs de droits – le rythme est implacable. Les longues journées, les échéances constantes, le cycle incessant des appels d’offres créent une culture qui reflète une mentalité du « tout ou rien », mais sans la structure de soutien dont bénéficient souvent les athlètes. C’est pourquoi la compréhension et la protection de la santé mentale de ceux qui œuvrent au sein de notre industrie sont d’une importance capitale pour moi et pour le Sport Industry Group.
Parallèlement, nous disposons d’opportunités bien plus larges. Il est prouvé que le sport, le mouvement et l’activité physique améliorent la santé mentale. Ils reconnectent les individus à eux-mêmes, aux autres, et à un sentiment d’appartenance. Ils sont une source d’optimisme, et en ces temps troublés, offrir de l’optimisme est un acte puissant.
La crise du bien-être mental est l’un des rares défis mondiaux sur lesquels notre industrie peut avoir une influence réelle. Contrairement à l’intelligence artificielle, la démondialisation ou les conflits géopolitiques – des domaines où nous nous sentons souvent démunis face à nos flux d’informations – nous pouvons ici agir, bouger et engendrer le changement.
Le droit fondamental de sortir, d’être actif, de poursuivre une passion et de s’engager dans le monde d’une manière qui nourrit l’individu est un privilège que tout le monde ne partage pas. Je pense notamment aux femmes afghanes privées de cette liberté. Il est crucial de reconnaître et de valoriser ce droit universel.
Au cours de la prochaine décennie, le sport a une occasion extraordinaire de se positionner comme une plateforme d’espoir, de connexion et d’autonomisation pour les individus, les communautés et même les nations. Nous pouvons aider les gens à se ressourcer, à renforcer les sociétés et à rappeler au monde que le mouvement et la connexion ne sont pas un luxe, mais bien des éléments indispensables à un esprit sain et à un monde prospère.
La Journée mondiale de la santé mentale devrait être plus qu’un simple rappel ; elle devrait être un appel à l’action. Un appel pour que notre industrie regarde avec bienveillance vers l’intérieur et avec ambition vers l’extérieur. Nous devons utiliser le pouvoir du sport non seulement pour divertir, mais aussi pour guérir, unir et améliorer la vie de millions de personnes.
Vous pouvez explorer et télécharger une variété de ressources sur la santé mentale ici.